Uber n’améliore pas la qualité de l’air à Bruxelles

Uber n’améliore pas la qualité de l’air à Bruxelles

Un nouveau rapport de l’ONG Transport & Environment montre que les services de véhicules avec chauffeur à la demande comme Uber ont tendance à aggraver les problèmes de congestion et de pollution dans les villes européennes.

Dans la Région bruxelloise le nombre de licences de Voitures de Transport avec Chauffeur (VTC) – que doivent détenir les chauffeurs qui travaillent avec Uber – est passé d’environ 500 chauffeurs en 2017 à près de 1 800 en 2019.

En parcourant en moyenne plus de cent kilomètres par jour dans la Région de Bruxelles-Capitale (plus de 31 000 km par an), ces centaines de véhicules roulent très majoritairement au diesel ou à l’essence et émettent ainsi une grande quantité d’oxydes d’azote et de particules fines.

La Région bruxelloise est en infraction depuis 2010 pour le dépassement des normes européennes relatives aux concentrations en NO2. De plus, en 2018 le seuil de l’Organisation Mondiale de la Santé était dépassé dans les cinq stations de mesure officielles qui contrôlent les concentrations en particules fines PM2.5. Et comme le montre la ​décision récente​ de la Cour de justice européenne, les chiffres officiels ne reflètent probablement pas la réelle envergure du problème.

Pierre Dornier, membre du collectif citoyen Les chercheurs d’air, a dit “Chaque année des centaines de Bruxellois-e-s meurent prématurément à cause de la pollution de l’air. Il n’est pas acceptable de laisser des entreprises comme Uber ajouter des voitures diesel et essence dans nos rues.

Outre la pollution de l’air le rapport estime que ces véhicules ont également émis 10 000 tonnes de CO2 en 2019 en RBC et que les services de VTC à la demande comme Uber ont aussi tendance à aggraver les problèmes de congestion à Paris et Londres, ainsi que dans plusieurs villes américaines. Bruxelles étant l’une des villes les plus embouteillées d’Europe il est essentiel de s’assurer qu’Uber n’aggrave pas la situation.

Afin de lutter contre ces trois problèmes, pollution de l’air, émissions de gaz à effet de serre et congestion, les pouvoirs publics compétents doivent s’assurer que les VTC qui opèrent à Bruxelles proposent une flotte 100% électrique d’ici 2025 et qu’au moins 50% des trajets réservés sur l’application soient partagés d’ici 2030.

Pierre Dornier a ajouté : “À Bruxelles les chauffeurs de VTC changent de véhicule tous les trois ans en moyenne. Moyennant une aide financière de la part d’entreprises comme Uber à leurs chauffeurs, comme c’est déjà le cas à Londres, il est tout à fait possible d’avoir des flottes 100% électriques d’ici 2025. Uber doit faire partie de la solution, pas du problème.

Uber a déjà annoncé que tous les véhicules qu’elle utilise à Londres seront électriques d’ici 2025 et le service UberPool, qui permet de partager un trajet avec d’autres utilisateurs, est déjà disponible dans la capitale britannique et à Paris.


Nos rues doivent être réservées à la mobilité zéro émission d'ici à 2030

Nos rues doivent être réservées à la mobilité zéro émission d'ici à 2030

Les zones de basses émissions (ZBE) sont un moyen efficace de lutter contre la pollution de l’air en ville, comme le montre une nouvelle analyse de l’ONG Transport & Environment. A Madrid par exemple la ZBE a permis de réduire les concentrations en NO2 de 32% entre juin 2018 et juin 2019.

A Bruxelles, où le transport est responsable de 30% des émissions de particules fines PM2.5 et 69% des émissions de NO2 [1], la mise en place d’une ZBE montre également des résultats encourageants [2].

Mais face à l’urgence sanitaire que représente la pollution de l’air, nos villes doivent maintenant être réservées à la seule mobilité durable : piétons, cyclistes, transports en commun ainsi que voitures, camionettes et camions électriques.

Pierre Dornier, du collectif citoyen Les chercheurs d’air, a dit “La pollution de l’air tue, même à court terme, même à faible concentration. Tous les outils qui permettent de lutter contre ce fléau doivent être utilisés sans plus attendre. La mise en place d’une zone zéro émission en fait partie. Nous demandons donc que les rues de Bruxelles soient réservées à la seule mobilité durable d’ici à 2030 au plus tard.

Afin que cette transition ne se fasse pas aux dépens des plus défavorisés ou des personnes qui ont besoin d’un véhicule en ville il est primordial que les aides pour abandonner son véhicule thermique soient augmentées et que des alternatives sérieuses à la voiture individuelle soient mises en place.

Notes :

[1] https://environnement.brussels/thematiques/air-climat/qualite-de-lair/les-emissions-de-polluants-qui-affectent-la-qualite-de-lair

[2] https://environnement.brussels/news/decouvrez-le-premier-bilan-encourageant-de-la-zone-de-basses-emissions


10 plus hautes concentrations moyennes par mois

Avril 2019

 

Mars 2019

 

Février 2019


Concentration moyenne en PM2.5 par mois

Moyenne des concentrations en PM2.5/m3 enregistrées par tous nos détecteurs, mois par mois.

 


Longs pics de pollution en région bruxelloise

La région bruxelloise connait de temps en temps de long pics de pollution aux PM2.5, c’est à dire des épisodes au cours dequels on observe une concentration en PM2.5 de plus de 25µg/m3 pendant au moins 24 heures.

 

27 décembre 2019

 

25 décembre 2019

 

13 décembre 2019

 

4 décembre 2019

 

2 décembre 2019

 

19 mai 2019

 

18 mai 2019

 

1er mai 2019

 

17 avril 2019

 

7 avril 2019