Barrière à Saint-Gilles très polluée au NO2
Barrière à Saint-Gilles très polluée au NO2
L’intersection Barrière à Saint-Gilles est exposée à une concentration moyenne annuelle en dioxyde d’azote (NO2) près de 3 fois supérieure à la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). C’est ce que révèlent des mesures réalisées par l’asbl Les chercheurs d’air. Une Zone de Basses-Émissions ambitieuse et un plan de circulation visionnaire permettraient d’améliorer significativement cette situation.
De juin 2023 à décembre 2025, Les chercheurs d’air ont mesuré les concentrations moyennes mensuelles de NO2 en 15 points du quartier apaisé “ParviS” (Saint-Gilles).
Les résultats montrent qu’en 2024, le carrefour Barrière a été exposé à une concentration moyenne annuelle de 29,2 µg/m3 de NO2, et de 28,1 µg/m3 en 2025. Pour rappel, l’OMS recommande de ne pas dépasser une moyenne annuelle de 10 µg/m3, au-delà de laquelle il existe des “risques importants pour la santé”.
Pierre Dornier, Directeur de l’asbl Les chercheurs d’air, a déclaré : “Les rues autour de Barrière font partie des plus densément peuplées de la capitale. Il est donc prioritaire d’y réduire la pollution de l’air. Les travaux d’apaisement de la circulation doivent être maintenus et renforcés par d’autres mesures favorisant la mobilité active et partagée, ainsi que la végétalisation.”
Plus largement, l’ensemble des points de mesure du quartier présente des concentrations moyennes annuelles de NO2 supérieures aux recommandations de l’OMS. Seul le point de mesure situé rue Bréart enregistre, certains mois, des concentrations moyennes inférieures au seuil de 10 µg/m3 de NO2.
Pierre Dornier a ajouté : “Pour rappel, plus de 70% des ménages Saint-Gillois n’ont pas de voiture. Il est donc particulièrement injuste que l’air de ces personnes soit si pollué. Une Zone de Basses-Émissions ambitieuse fait partie des solutions.”
FIN
Notes à l’éditeur
Plusieurs centaines de Bruxellois·es meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air émise par le trafic routier.
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Les chercheurs d’air
Pierre Dornier
Directeur
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Mesures des concentrations en NO2 dans le quartiers “ParviS” (Saint-Gilles)
Mesures des concentrations en NO2 dans le quartiers “ParviS” (Saint-Gilles)
Introduction
Les quartiers apaisés font partie des mesures qui, sur le papier, aident à lutter contre la pollution de l’air émise par le trafic routier. À l’heure actuelle, il existe malheureusement peu de données qui confirment ou infirment cette hypothèse.
Nous avons donc lancé une campagne de mesures pour suivre l’évolution des concentrations en dioxyde d’azote (NO2), un polluant fortement lié au trafic routier, sur le territoire du nouveau quartier apaisé “ParviS” à Saint-Gilles.
Est-ce que la qualité de l’air va s’améliorer au sein de ce quartier ? Est-ce que la pollution sera déplacée vers la périphérie du quartier ? Les résultats de cette étude devraient, à terme, nous aider à répondre à ces questions.
Étant donné que notre campagne de mesures s’étend sur plusieurs années, ce rapport sera amené à être complété.
Résumé
Les mesures montrent que nos 15 stations installées à Saint-Gilles enregistrent toutes une concentration annuelle moyenne de dioxyde d’azote (NO2) supérieure à la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Or dépasser ce seuil (10 µg/m³) présente des risques importants pour la santé.
Il est donc essentiel de mettre en place ou de soutenir des outils qui permettent d’améliorer la qualité de l’air à grande échelle (ici sur toute la commune de Saint-Gilles). La Zone de Basses-Émissions, entre autres, remplit parfaitement ce rôle et son calendrier doit donc être maintenu : sortie du moteur diesel en 2030 et du moteur thermique en 2035.
Mais les résultats de notre campagne montrent aussi que certaines rues sont bien plus polluées que d’autres et qu’il faut donc rapidement y apporter des solutions locales.
Par exemple, il est urgent de créer des aménagements visant à limiter le trafic motorisé à Barrière et dans la Rue de Mérode. Cela permettra de privilégier la mobilité active et partagée, ainsi que de verduriser l’espace public, ce qui aura pour conséquence, entre autres, d’améliorer la qualité de l’air.
Méthodologie
Dispositif
Nous utilisons pour cette campagne des tubes dits “passifs” du laboratoire Passam. Ces derniers sont installés à deux mètres de hauteur en rue (sur le trottoir, sur un carrefour, etc.) pour une durée de trente jours. Ils sont remplacés tous les mois. Ils permettent ainsi de connaître la concentration moyenne mensuelle en NO2 aux différents points de mesure.
Localisation
Nous évaluons le quartier “ParviS”.

Pour ce faire nous avons placé 15 points de mesure. Huit d’entre eux se trouve sur la périphérie du quartier (Avenue Van Volxem, Avenue Fonsny, Rue Blaes (au-dessus du tunnel de la Porte de Hal), Avenue Louise, Rue Defacqz, Avenue Brugmann, Avenue Albert, Avenue du Parc, Avenue Ceuppens). Six autres sont situés au sein du quartier (Rue Bréart, Barrière, Rue de Mérode, Rue Féron, Parvis (à l’extrémité côté Chaussée de Waterloo), Rue d’Ecosse).
Ces mesures nous permettront de savoir, à terme, si les changements de circulation font baisser les concentrations en NO2 à l’intérieur du quartier et s’ils déplacent la pollution en périphérie du quartier.
Durée
Les premières mesures ont débuté le 31 mai 2023. Au moment de la publication de cette version du rapport, nous avons récolté 31 mois de données (juin 2023 – décembre 2025).
Notre objectif est d’effectuer des mesures pendant encore au moins une année. Cela nous permettra de tirer des conclusions robustes.
Résultats
Quatre points de mesure plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS
Quatre de nos quinze stations ont enregistré, en 2024 et en 2025, une concentration moyenne annuelle de NO2 qui dépasse de plus de 2,5 fois la recommandation de l’OMS.
Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 198 de la Rue de Mérode, atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Cinq points de mesure entre 2,5 et 2 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS
Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2,5 et 2 fois la recommandation annuelle de l’OMS.
- Avenue Louise 117
- Parvis (extrémité côté Chaussée de Waterloo)
- Avenue Van Volxem 364
- Avenue du Parc 75
- Rue d’Ecosse 2
Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 117 de l’Avenue Louise, atteint une fois une concentration moyenne mensuelle de 31,8µg/m3 de NO2, soit plus de 3 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Cinq points de mesure entre 2 et 1,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS
Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2 et 1,5 fois la recommandation de l’OMS.
- Rue Defacqz 140
- Avenue Ceuppens 138
- Avenue Albert (devant le Bar du matin)
- Avenue Brugmann 123
- Rue Féron 45
Toutes ces stations de mesure atteignent au moins une fois une concentration moyenne mensuelle supérieure à 25µg/m3 de NO2, soit plus de 2,5 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Un point de mesure entre 1,5 et 1 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS
Seule une de nos quinze stations a enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 1,5 et 1 fois la recommandation de l’OMS.
La concentration moyenne mensuelle de cette station dépasse à plusieurs reprises plus de 2 fois le seuil annuel recommandé par l’OMS. Mais il est également intéressant de noter que c’est le seul point de mesure dont la concentration moyenne mensuelle descend plusieurs fois sous la recommandation de l’OMS.
Conclusion
Notre campagne de mesures des concentrations en NO2 menée de juin 2023 à décembre 2025 dans le quartier “ParviS” contient plusieurs enseignements.
Elle nous montre tout d’abord que les 15 points de mesure que nous avons installés sont surexposés au NO2. En effet, tous connaissent une concentration annuelle moyenne supérieure à la recommandation de l’OMS.
Quatre stations ont une concentration moyenne plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS. L’une d’entre elles, située Rue de Mérode 198 a atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS.
Cependant, une station, située dans la Rue Bréart, connait à plusieurs reprises une concentration moyenne mensuelle en NO2 qui descend sous la recommandation de l’OMS.
Le problème de pollution au dioxyde d’azote que connaît le quartier ParviS peut être atténué de plusieurs manières. Le plus efficace est la Zone de Basses- Émissions (LEZ). Afin de réduire, de manière significative, durable et à l’échelle de toute la Région bruxelloise, les concentrations en NO2, il est essentiel de maintenir le calendrier actuel de la LEZ : sortie du diesel en 2030 et du thermique en 2035.
Ensuite, et de manière plus locale, il est urgent de donner plus de place à la mobilité active et partagée. Cela passe, entre autres, par la création de rues scolaires, de pistes cyclables séparées, de voies de bus ou de tram en site propre, ou encore de la végétalisation des rues. Enfin, d’autres pistes, plus avant-gardistes, peuvent être explorées, par exemple avec la création de bandes de circulations réservées aux véhicules électriques ou au covoiturage.
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Le 22 mai, demandons plus de rues scolaires !
Le 22 mai,demandons plus de rues scolaires !
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Chaque printemps nous organisons notre grande mobilisation Streets for kids pour demander plus de rues scolaires en Région bruxelloise. L’année dernière, les parents et enfants de 19 écoles se sont mobilisés. 💪 On fait mieux cette année ?
Photos des éditions précédentes
Pourquoi cette mobilisation ?
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Malheureusement, les écoles bruxelloises sont trop polluées, ce qui a des effets parfois très graves sur la santé des enfants. En Région bruxelloise, une grande partie de la pollution vient du trafic routier. Les rues scolaires aident donc nos enfants à mieux respirer. Pour rappel, une rue scolaire est une rue qui passe devant une école et qui est piétonne, au moins au moment de l’entrée et/ou de la sortie des classes, au mieux tout le temps. Cliquez ici pour en savoir plus sur les rues scolaires.
La mobilisation Streets for kids visibilise, de manière festive et inclusive, la problématique des rues scolaires et incite fortement les élu·es à en créer de nouvelles. Il y en a d’ailleurs de plus en plus en Région bruxelloise, même si elles restent encore trop rares.
Comment participer ?
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Quand ?
Le 22 mai 2026. Vous avez la possibilité d’organiser l’action soit en matinée, avant l’entrée en classe, soit en journée, au moment de la sortie de l’école. Nous privilégions l'après-midi car cela permet aux parents et aux enfants de rester plus longtemps pour jouer, discuter, manger, boire, etc.
Où ?
Devant l'école de vos enfants. L'idéal est de fermer la rue au trafic routier et d'y organiser des jeux (nous pouvons vous donner un coup de main). Si ce n'est pas pas possible, l'action peut se tenir sur le trottoir, avec quelques tables pour distribuer à boire et à manger. En dernière option, la mobilisation peut avoir lieu dans la cour de récréation.
Qui ?
Les parents d'élèves de l'école. Plus vous êtes nombreux/euses, plus vous pourrez faire des actions impactantes. Les enseignant·es et/ou les directions sont aussi les bienvenu·es évidemment.
Quoi ?
Nous vous proposons un "kit animation" de base qui comprend des craies pour dessiner par terre, des bulles de savon, des flyers d'information et 50€ pour acheter à boire et à manger. Nous vous invitons à exploiter des compétences que vous auriez dans votre groupe de parents : jouer de la musique, faire du grimage, faire des tours de magie, créer un coin lecture, etc.
Inscrivez-vous !
Remplissez le formulaire ci-dessous. Ca prend 10 secondes gros max. Nous allons ensuite vous recontacter pour voir avec vous ce qu’il est possible de faire. Merci !

Saint-Gilles largement en tête de la course aux rues scolaires
Saint-Gilles largement en tête de la course aux rues scolaires
Les communes de Saint-Gilles, Forest et Bruxelles sont les plus entreprenantes de la Région bruxelloise en matière de rues scolaires (1). C’est ce qui ressort d’un nouveau classement publié par l’asbl Les chercheurs d’air. Limiter le trafic routier aux abords des écoles permet de mieux protéger les enfants de la pollution de l’air, de la pollution sonore et des risques d’accidents de la route.
Les communes ont été classées sur base de 7 critères (2), tels que la part des écoles bénéficiant d’une rue scolaire ou la promesse des échevin·es en charge de la mobilité d’en créer de nouvelles.
Saint-Gilles arrive en tête, et de loin, avec 40% de ses écoles fondamentales qui bénéficient déjà d’une rue scolaire et une volonté politique d’en créer de nouvelles.
Forest et Bruxelles ont un faible taux de rues scolaires mais s’engagent à rattraper ce retard en en créant de nouvelles, dont une piétonne à Forest.
Schaerbeek et Jette obtiennent également une note au-dessus de la moyenne. Dans la première commune, près de 20 % des écoles disposent déjà d’une rue scolaire mais il n’est prévu d’en créer qu’une seule en plus. De son côté, Jette compte peu d’aménagements mais s’engage à mettre en place deux nouvelles rues scolaires d’ici fin 2027.
Renaud Leemans, Coordinateur de Campagnes chez Les chercheurs d’air, a déclaré : “Les rues scolaires sont un outil formidable et simple à mettre en place pour protéger nos enfants de la pollution de l’air. Nous nous réjouissons de voir que certaines communes l’ont compris et s’engagent en faveur de cet aménagement.”
Ailleurs, la moyenne n’est pas atteinte. Soit par manque de rues scolaires en place, soit par manque de volonté d’en créer plus, soit pour ces deux raisons combinées.
Auderghem se retrouve tout en bas du classement. Cette commune est la seule à n’avoir créé aucune rue scolaire. Elle ne semble pas vouloir remédier à ce retard puisqu’elle ne les mentionne pas dans sa DPG et son échevine de la mobilité ne s’engage pas à en créer.
Renaud Leemans à ajouté : “Il est dommage que certaines communes ne semblent pas se soucier du bien-être de leurs enfants. Leur exposition à des niveaux dangereux de pollution de l’air risque de leur causer de graves problèmes de santé à court, moyen et long terme.”
En Région bruxelloise, sur les 622 écoles maternelles et primaires, 121 sont exposées à des concentrations en NO2 entre deux et trois fois supérieures au seuil de l’OMS. Aucune n’est en dessous de cette recommandation. Pourtant, seules 11% des écoles fondamentales bénéficient d’une rue scolaire. Alors que 70% pourraient facilement en avoir une.
FIN
Notes
(1) Une rue scolaire est une rue qui passe devant une école et qui est fermée au trafic routier, au moins au moment de l’entrée en classe et/ou de la sortie des classes, au mieux de manière permanente.
(2) Critères de classification :
- Mention des rues scolaires dans la Déclaration de Politique Générale
- Engagement de l’échevin·e de la mobilité à créer au moins une rue scolaire d’ici fin 2027
- Nombre de rues scolaires qu’il/elle s’engage à créer d’ici fin 2027
- Engagement de l’échevin·e à créer au moins une rue scolaire piétonne d’ici fin 2027
- Engagement qu’il/elle va piétonniser une rue scolaire existante
- Projet concret de rues scolaires
- Proportion d’écoles bénéficiant d’une rue scolaire
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Quelles sont les communes qui soutiennent le plus les rues scolaires ?
Quelles communes soutiennent le plus les rues scolaires ?
Résumé
Nous avons établi un classement des communes bruxelloises selon leur investissement en faveur des rues scolaires. Cette évaluation tient compte du nombre de dispositifs existants, des projets en cours et de l’engagement des élu·es à en créer de nouveaux.
L’analyse révèle que seules cinq communes bruxelloises se distinguent réellement par leur volonté de développer des rues scolaires. Saint-Gilles arrive en tête grâce à une forte proportion d’écoles déjà concernées et à la poursuite de nouveaux projets. Forest, la Ville de Bruxelles, Jette et Schaerbeek sont les seules autres communes à dépasser la moyenne, notamment grâce à des projets concrets. Parmi les communes obtenant moins de la moyenne à notre classement, Evere et Watermael-Boitsfort sont les deux seules à s’engager à créer une nouvelle rue scolaire d’ici fin 2027.
Ailleurs, les engagements concrets restent absents malgré la présence de rues scolaires appréciées des familles, et parfois mentionnées dans les accords de majorité. Certaines communes, comme Anderlecht, Koekelberg ou Woluwe-Saint-Lambert, ne montrent aucun intérêt à développer de nouveaux dispositifs. Auderghem ne dispose d’aucune rue scolaire ni de projet en ce sens.
Ce manque d’ambition politique contraste avec l’opinion publique : 72 % des Bruxellois·es soutiennent la création de zones piétonnes devant les écoles. Cette situation est d’autant plus regrettable que les rues scolaires jouent un rôle essentiel pour la santé et la sécurité des enfants, dans un contexte de pollution de l’air préoccupant.
Les rues scolaires face à la pollution de l'air
Dans les grandes villes, à Bruxelles comme ailleurs, le trafic routier est la principale source de pollution atmosphérique. Il émet près de la moitié des oxydes d’azote (NOx) et près d’un quart des particules fines PM2.5.
Une exposition à ces deux polluants, sur le court comme sur le long terme, est source de nombreux problèmes de santé. Certains peuvent être considérés comme légers. C’est le cas par exemple de gênes respiratoires telles que des éternuements. D’autres sont bien plus graves : asthme, AVC, cancers, etc.
Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air car leur métabolisme est encore en développement, car ils respirent plus vite et parce que, du fait de leur petite taille, ils sont plus proches des sources de pollution que sont les pots d’échappement.
À Bruxelles, beaucoup trop d’écoles sont littéralement asphyxiées par le trafic routier, avec des conséquences très graves sur la santé des enfants.
Comme le montre notre rapport, sur les 622 écoles fondamentales bruxelloises, 121 connaissent des concentrations en NO2 entre deux et trois fois supérieures au seuil de l’OMS. Aucune n’est en dessous de cette recommandation.
Les rues scolaires sont des voiries situées devant des écoles et fermées au trafic motorisé. Elles peuvent être temporaires, actives uniquement lors des heures d’entrée et de sortie des classes, ou permanentes.
En limitant le trafic motorisé aux abords des écoles, elles aident les enfants à mieux respirer. Elles sont également un outil essentiel pour améliorer la sécurité routière et créer des espaces de rencontres. Aujourd’hui, à peine 11% des écoles fondamentales publiques bénéficient d’une rue scolaire. On pourrait pourtant en créer rapidement et facilement devant 70% d’entre elles.
Méthodologie
Pour établir ce classement, nous nous sommes basés sur 7 critères :
- Mention dans la Déclaration de Politique Générale (2 points). Nous avons analysé la DPG de chaque commune et avons relevé toutes les mentions des rues scolaires.
- Engagement de l’échevin·e de la mobilité à créer au moins une rue scolaire d’ici fin 2027 (2 points). Via un formulaire en ligne, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si, oui ou non, ils et elles s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires d’ici 2027 (mi-mandat).
- Nombre de rues scolaires qu’il/elle s’engage à créer d’ici fin 2027 (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes combien de nouvelles rues scolaires ils et elles s’engagent à créer d’ici 2027, le cas échéant.
- Engagement de l’échevin·e à créer au moins une rue scolaire piétonne d’ici fin 2027 (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si ils et elles s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires piétonnes d’ici 2027. Ne sont pris en compte ici que les engagements à piétonniser une rue qui n’est pas déjà une rue scolaire temporaire.
- Engagement qu’il/elle va piétonniser une rue scolaire existante (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si ils et elles s’engagent à piétonniser une rue scolaire existante.
- Projet concret de rues scolaires (2 points). Nous avons inventorié l’ensemble des projets de rues scolaires approuvés par le Collège communal, faisant l’objet d’une demande de subsides pour leur aménagement ou leur accompagnement, ou encore étant à un stade avancé d’étude en interne. Cet inventaire a été réalisé en collaboration avec les 19 communes.
- Proportion d’écoles bénéficiant d’une rue scolaire (5 points). Nous avons inventorié toutes les écoles maternelles et primaires qui ont une rue scolaire. Cet inventaire a été fait en collaboration avec les 19 communes.
Cette évaluation nous a permis d’obtenir un résultat sur 17, que nous avons ramené sur 10 points dans le résultat final pour une lecture plus aisée.
Nous n’avons pas reçu de réponse des échevin·es d’Etterbeek, Molenbeek, Saint-Josse et de Woluwe-St-Pierre, malgré de nombreuses relances. Anderlecht et Ixelles ont, quant à elles, refusé de participer à notre enquête. Ce manque de réaction laisse malheureusement penser que les rues scolaires, et, par extension, la santé et la sécurité des enfants, ne constituent pas une priorité pour ces communes.
Pour l’ensemble des communes n’ayant pas répondu, nous avons attribué un « Non » aux questions portant sur l’engagement à créer des rues scolaires d’ici fin 2027 (critère 2, 3, 4 et 5). Nous avons toutefois pris en considération la proportion d’écoles déjà dotées d’une rue scolaire, la présence éventuelle de ce dispositif dans les Déclarations de Politique Générale, ainsi que les projets concrets communiqués par les services mobilité (critères 1, 6 et 7).
Classement
Voici les résultats, sur 10, pour chaque commune. Certaines communes ont le même score. Nous avons alors inscrit un signe “=”. Nous avons cependant gardé le classement sur 19 pour les autres communes.
Classement général des communes bruxelloises en fonction de leur engagement en faveur des rues scolaires
* Absence de réponse
Détail en annexe
Analyse
Qui va créer des rues scolaires ?
À la suite des élections communales et des accords de majorité, 12 communes sur 19 ont intégré les rues scolaires dans leur Déclaration de Politique Générale.
Toutefois, parmi celles-ci, seules 5, via leur échevin·e de la mobilité, s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires d’ici fin 2027, soit la mi-mandat. Il s’agit de
- la Ville de Bruxelles
- Schaerbeek
- Watermael-Boitsfort
- Forest
- Saint-Gilles
Ces deux dernières prévoient également la piétonnisation d’une rue scolaire existante.
Les sept autres communes ayant inscrit les rues scolaires dans leur DPG ne s’engagent pas à en mettre en place, au détriment de la santé et de la sécurité des enfants (Etterbeek, Ganshoren, Ixelles, Molenbeek, Saint-Josse, Uccle, Woluwe-St-Pierre).
Du côté des communes qui ne mentionnent pas les rues scolaires dans leur DPG, deux exceptions se distinguent : Evere et Jette, où les échevin·es de la mobilité projettent malgré tout d’en créer au moins une d’ici 2027.
Les cinq autres, à savoir Anderlecht, Auderghem, Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg et Woluwe-Saint-Lambert, choisissent de ne pas intégrer les rues scolaires dans leurs DPG. Elles ne s’engagent pas non plus à en créer de nouvelles d’ici la mi-mandat. Elles occupent logiquement les dernières places du classement.
Mention des rues scolaires dans la DPG (critère 1) et Engagement de l’échevin·e à créer au moins une rue scolaire d’ici la mi-mandat (critère 2)
Parmi les communes qui s’engagent à créer au moins une rue scolaire d’ici la mi-mandat (critère 2) : nombre de rues scolaire qu’elles s’engagent à créer (critère 3) et engagement à piétonniser une rue scolaire existante (critère 5)
Quelles communes ont des projets en cours ?
Parmi les 7 communes qui s’engagent, via leur échevin·e de la mobilité, à créer de nouvelles rues scolaires, trois communes ont des projets concrets en cours actuellement :
- la Ville de Bruxelles
- Forest
- Jette
Par concrets, nous entendons des projets approuvés par le Collège Communal, qui ont fait l’objet d’une demande de subsides pour leur aménagement ou pour l’accompagnement de leur mise en place, ou qui sont à l’étude en interne. Ces trois communes ont ainsi amorcé des actions visibles afin de respecter leur objectif de créer au moins une rue scolaire d’ici la fin de l’année 2027.
Rues scolaires existantes, où en est-on ?
Pour intégrer à notre classement les rues scolaires existantes, nous avons mis à jour notre inventaire. Il indique, pour chaque commune, la proportion d’écoles fondamentales publiques disposant d’une rue scolaire, qu’elle soit piétonne ou temporaire.
Saint-Gilles se démarque clairement : proportionnellement, c’est la commune qui compte le plus grand nombre d’écoles fondamentales dotées d’une rue scolaire. Derrière elle, neuf communes en ont mis en place devant 10 à 20 % de leurs écoles. Les autres communes restent sous ce seuil de 10 %, Auderghem occupant la dernière place sans aucune rue scolaire.
Il est important de noter que, même dans les communes qui se trouvent en tête de cet inventaire, il reste encore du travail à faire en créant plus de rues scolaires, idéalement piétonnes et végétalisées.
Conclusion
L’analyse met en évidence cinq communes qui se distinguent nettement par leur engagement concret en faveur des rues scolaires. Parmi elles, Saint-Gilles occupe la première place. La commune se démarque par la proportion particulièrement élevée d’écoles en bénéficiant sur son territoire, et poursuit par ailleurs ses efforts pour en créer de nouvelles.
Forest, la Ville de Bruxelles, Jette et Schaerbeek se positionnent également parmi les communes les plus engagées, notamment grâce à des projets concrets de création de nouveaux aménagements de ce type.
Evere et Watermael-Boitsfort sont les seules communes à obtenir moins de la moyenne à notre score, mais à tout de même prévoir la création d’au moins une rue scolaire d’ici la fin de l’année 2027.
Au-delà de ces communes, aucun engagement formel en faveur de nouveaux projets n’a été identifié. Certaines d’entre elles mentionnent pourtant les rues scolaires dans leur accord de majorité (Etterbeek, Ganshoren, Ixelles, Molenbeek, Saint-Josse, Uccle et Woluwe-Saint-Pierre). Elles disposent déjà de dispositifs grandement appréciés des familles. Il est dommage que le succès rencontré par ceux-ci n’encourage pas la création de nouvelles rues scolaires.
D’autres communes, telles qu’Anderlecht, Koekelberg et Woluwe-Saint-Lambert, ne manifestent pour l’instant aucun intérêt à développer ce type de projet.
Enfin, Auderghem clôt le classement : il s’agit de la seule commune ne disposant d’aucune rue scolaire, ne mentionnant pas ce dispositif dans son accord de majorité et n’ayant annoncé aucun projet en ce sens.
Pour rappel, les rues scolaires sont un outil formidable pour protéger les enfants de la pollution de l’air, de la pollution sonore ou encore des accidents de la route. Il est donc essentiel d’en créer partout où c’est possible. Nous nous réjouissons que certaines communes montrent l’exemple en la matière. Nous espérons qu’elles vont continuer dans cette direction et que les autres communes vont les suivre au plus vite. La santé et le bien-être de nos enfants sont en jeu.
Annexes
Questionnaire
1) Vous engagez-vous à créer au moins une nouvelle rue scolaire d’ici fin 2027 ?
Oui / Non
(Si oui)
1.1) Combien de rues scolaires vous engagez-vous à créer d’ici fin 2027 ?
1 / 2 / 3 ou plus
1.2) Vous engagez-vous à créer au moins une nouvelle rue scolaire piétonne en permanence ?
Uniquement parmi les nouvelles rues scolaires que vous vous engagez à créer d’ici fin 2027. Ne sont pas concernées dans cette question les rues scolaires déjà existantes qui deviendraient piétonnes.
Oui / Non
2) Vous engagez-vous à piétonniser une rue scolaire déjà existante aujourd’hui ?
On prend en compte ici les rues scolaires déjà en place aujourd’hui, fermée au trafic motorisé à certains moment de la journée, mais que vous vous engagez à rendre piétonne en permanence.
Oui / Non
Résultats complets
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LEZ - Le progrès ne consiste pas à reculer face aux imperfections, mais à les corriger
LEZ - Le progrès ne consiste pas à reculer face aux imperfections, mais à les corriger
Initialement publié dans Le Soir
Année après année, la Zone de Basses-Émissions (Low Emission Zone – LEZ) protège notre santé, particulièrement celle des personnes vulnérables, en réservant l’accès de nos rues aux véhicules les plus propres. Elle constitue aujourd’hui, de loin, le meilleur outil pour réduire la pollution de l’air liée au trafic routier.
La Cour constitutionnelle a d’ailleurs récemment défendu ce dispositif au nom du droit des Bruxellois·es à la protection de leur santé et à un environnement sain.
Jeter le bébé avec l’eau du bain
Mais la LEZ, dans sa forme actuelle, est imparfaite, c’est évident. Si elle a permis une amélioration significative de la qualité de l’air depuis sa mise en place en 2018, elle comporte aussi des injustices. Elle pénalise notamment des personnes qui ont besoin d’une voiture mais n’ont pas les moyens d’en acquérir une suffisamment récente.
Faut-il pour autant la condamner en bloc ? Devons-nous laisser circuler librement tous les véhicules les plus polluants ? Bien sûr que non. C’est pourtant ce raisonnement que certain·es brandissent aujourd’hui en freinant ainsi l’amélioration de la Zone de Basses-Émissions, au lieu de la rendre plus juste.
Des solutions simples et concrètes
Des mesures existent pour corriger ces injustices sociales. Il est par exemple possible d’exempter les personnes bénéficiant du statut BIM (Bénéficiaires de l’Intervention Majorée), dont les revenus sont faibles. Cette exception serait rapide à mettre en place, les personnes concernées étant identifiables dans les bases de données régionales.
Les ménages motorisés en situation de privation pourraient également être exemptés, via un traitement individualisé des demandes. Cela concerne, par exemple, des ménages contraints de posséder une voiture, mais qui, en conséquence, n’ont plus les moyens de se chauffer correctement.
Ces dispositifs, exemption des BIM et/ou des ménages en situation de privation, n’entraînent pas de coûts directs significatifs. Ils sont donc simples et peu chers à instaurer.
Mais la santé publique n’est pas la priorité de tout le monde…
Pour rappel, chaque année, plusieurs centaines de Bruxellois·es meurent prématurément à cause de la pollution de l’air émise par le trafic routier.
Les plus jeunes et les plus défavorisé·es sont particulièrement vulnérables à cette intoxication. Ce sont pourtant les catégories de la population qui polluent le moins. C’est profondément injuste.
Malgré cela, certain·es député·es bruxellois·es proposent de suspendre pendant un an les sanctions pour les véhicules les plus polluants (diesel Euro 5 et essence Euro 2). D’autres défendent un système d’amendes très faibles pendant de longs mois, ce qui revient là aussi à transformer la LEZ en coquille vide.
Il est important de préciser ici que le calendrier de la Zone de Basses-Émissions est connu depuis 2016. Il est donc bien tard pour dénoncer l’absence de mesures d’accompagnement.
Prendre ses responsabilités
Nous demandons à nos représentant·es bruxellois·es de faire de la santé publique une priorité en améliorant la LEZ, plutôt qu’en l’affaiblissant. De nombreuses solutions existent : exemption des ménages défavorisés, exemption des véhicules légers, prêt à taux zéro, leasing social, etc.
Les mesures d’accompagnement sérieuses et durables qui ne sont pas mises en place aujourd’hui feront défaut plus tard, lors du prochain jalon de la LEZ. Il est donc essentiel d’y travailler dès maintenant afin de ne plus pénaliser les personnes les plus pauvres.
Le progrès ne consiste pas à reculer face aux imperfections, mais à les corriger.
Signataires :
- Pierre Dornier, Directeur de l’asbl Les chercheurs d’air
- Céline Bertrand, membre de la cellule environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG)
- Docteur Vinciane Biernaux, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Xavier Brenez, CEO des Mutualités Libres
- Lauren de Crombrugghe du Bral, mouvement pour Bruxelles
- Docteur Elisabeth Defourny, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Docteur Sarah De Munck, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Marie-Christine Dewolf, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Docteur Quentin Douillet, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Docteur Jean Pauluis, membre de la cellule environnement de la SSMG
- Claire Pelgrims, Chercheuse FNRS en urbanisme et mobilités à l’ULB
- Docteur Anna Schmutz, membre de la cellule environnement de la SSMG
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La Cour Constitutionnelle annule définitivement le report de la Zone de Basses-Émissions
La Cour Constitutionnelle annule définitivement le report de la Zone de Basses-Émissions
La Cour Constitutionnelle rétablit définitivement le jalon 2025 de la Zone de Basses-Émissions (LEZ). Cette décision fait suite au recours porté par quatre asbl et trois citoyens, qui accueillent ce verdict avec joie. La LEZ est, à ce jour, l’outil le plus efficace pour lutter contre la pollution au dioxyde d’azote (NO2).
Le report du calendrier de la LEZ constituait un recul significatif en matière de protection de la santé et d’un environnement sain sans justification raisonnable. C’est ce qui ressort d’un arrêt rendu aujourd’hui par la Cour Constitutionnelle.
Par conséquent, ce report est annulé et le calendrier initial de la LEZ est rétabli. Cela signifie que les véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 ne seront plus autorisés à circuler en Région bruxelloise à partir du 1er janvier 2026.
Cet arrêt fait suite au recours en suspension introduit en mai par La Ligue des droits humains, La Fédération des Maisons Médicales, Les chercheurs d’air et le Bral, ainsi que par 3 citoyens bruxellois.
Pierre Dornier, Directeur de l’asbl Les chercheurs d’air, a déclaré : “Nous recevons cette décision avec beaucoup d’apaisement. La Cour Constitutionnelle confirme que le décalage du calendrier de la LEZ portait une atteinte sérieuse à la santé des habitants de Bruxelles. Cette décision va permettre à tout le monde de bien mieux respirer. Elle va grandement contribuer à protéger d’avantage les plus vulnérables de la pollution de l’air : les enfants, les personnes défavorisées et les malades. Nos élus doivent maintenant s’assurer que cette nouvelle étape soit accompagnée d’aides ou d’exemptions afin qu’elle ne nuise pas aux plus démunis.”
Tim Cassiers, Chargé de Mobilité et de Qualité de l’air au Bral, a ajouté : “La zone de basses émissions est un outil qui fonctionne, comme le montre le dernier rapport de Bruxelles Environnement ; tous les polluants liés au trafic routier sont en très forte baisse ces six dernières années. Une trajectoire freinée par le report de ces derniers mois. Mais nous sommes à nouveau sur la bonne trajectoire, c’est une bonne nouvelle pour la santé des Bruxellois·es, notamment des populations les plus vulnérables.”
Notes à l’éditeur
En avril 2024, 100 médecins ont signé une carte blanche publiée dans Le Soir, The Guardian et De Morgen pour demander des mesures fortes de lutte contre la pollution de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. La LEZ faisait partie de cette liste.
Plusieurs centaines de Bruxellois·es meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air émise par le trafic routier.
CONTACT
Les chercheurs d’air
Pierre Dornier
Directeur
pierre@leschercheursdair.be
+32 496 81 52 63
Bral
Tim Cassiers
Chargé de Mobilité et de Qualité de l’air
tim@bral.brussels
+32 476 44 92 23
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Une majorité de Bruxellois·es favorable à la réduction du trafic dans les quartiers denses
Une majorité de Bruxellois·es favorable à la réduction du trafic dans les quartiers denses
La plupart des habitant·es de la capitale soutiennent une réduction de la circulation routière dans les quartiers les plus habités. C’est ce que révèle un nouveau sondage commandé par l’asbl Les chercheurs d’air. Ce dernier est publié alors que certains aménagements prévus dans le quartier Cureghem font l’objet de contestations.
Réalisée par l’institut d’études YouGov (1), l’enquête indique que 59 % des Bruxellois·es sont favorables à une diminution du trafic automobile dans les zones densément peuplées de la ville. Cette réduction est soutenue afin de favoriser les déplacements à pied, à vélo et en transports en commun.
Ce soutien, même s’il varie un peu, se retrouve chez les femmes comme chez les hommes ; chez les plus jeunes comme chez les plus âgé·es ; chez les parents comme chez les personnes qui n’ont pas d’enfant.
Sans surprise, l’adhésion est plus forte chez les personnes ne possédant pas de voiture : 69 % y sont favorables. Mais même parmi celles et ceux disposant d’au moins un véhicule, près d’une personne sur deux (46 %) soutient cette réduction du trafic.
Renaud Leemans, Coordinateur de Campagnes pour l’asbl Les chercheurs d’air, a déclaré : “Les aménagements prévus sur la Chaussée de Mons visent à redonner de l’espace à la mobilité active et partagée, utilisée par la majorité des habitant·es d’Anderlecht. Rappelons que 56 % des ménages de la commune ne possèdent pas de voiture. Ce réaménagement permettra également de végétaliser l’espace public et donc de lutter plus efficacement contre les îlots de chaleur.”
Le quartier Cureghem fait partie des plus densément peuplés de la capitale. Il fait également partie des plus défavorisés.
Notes à l’éditeur
(1) Cette enquête a été réalisée en ligne sur le panel propriétaire de YouGov, dont les membres ont accepté de participer à des enquêtes en ligne et ont reçu une invitation par courrier électronique avec un lien vers l’enquête. La définition de l’échantillon a été établie afin de fournir un échantillon représentatif de la population Bruxelloise conformément aux objectifs de l’étude via la méthode des quotas. La taille de l’échantillon est de 1001 répondant·es. Les réponses ont ensuite été pondérées pour obtenir un échantillon représentatif de la population visée. Les critères de pondération utilisés pour cette enquête sont le genre, l’âge et la possession ou non d’au moins une voiture.
CONTACT
Renaud Leemans
Coordinateur de campagnes
renaud@leschercheursdair.be
0487 62 08 61
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La majorité des Bruxellois·es en faveur de la réduction du trafic dans les quartiers denses
Sondage - La majorité des Bruxellois·es en faveur de la réduction du trafic dans les quartiers denses
Introduction
En Région bruxelloise, plus de la moitié des rues et des places sont accaparées par la voiture. Les trams et les bus ne sont prioritaires que sur 3% de l’espace public. Les vélos n’ont de pistes cyclables séparées que sur 1% de ce même espace public.
La mobilité active et partagée est pourtant le moyen de transport le plus utilisé par les habitant·es de Bruxelles, le plus écologique et le moins cher. Il est donc très important de la développer, particulièrement dans les quartiers les plus densément peuplés et les plus défavorisés.
Mais pour donner plus de place à la marche, au vélo et aux transports public il faut, c’est inévitable, redistribuer l’espace sur lequel les voitures sont prioritaires.
Résumé
Est-ce que les Bruxellois·es soutiennent la réduction du trafic routier dans les quartiers les plus densément peuplés de la capitale ? Pour répondre à cette question, nous avons réalisé, en partenariat avec l’institut d’études YouGov, un sondage auprès d’un échantillon représentatif de la population bruxelloise.
Il en ressort la conclusion suivante :
La majorité (59%) des Bruxellois·es sont favorables à une réduction de la circulation routière dans les quartiers densément peuplés.
La création de nouveaux quartiers apaisés aiderait grandement à faire baisser le nombre de véhicules motorisés.
Méthodologie
Dans le cadre de ce sondage, 1001 Bruxellois·es âgé·es de 18 ans et plus ont été interrogé·es. Plus précisément :
- L’enquête a été réalisée en ligne (sur le panel propriétaire YouGov en Belgique), entre le 27 mars et le 04 avril 2025.
- Les répondant·es sont représentatifs de la population Bruxelloise (quotas sur le genre, l’âge et la possession d’une voiture).
- Le questionnaire a été élaboré conjointement par YouGov et l’ASBL Les chercheurs d’air.
- Le nom du commanditaire de l’étude n’a pas été mentionné lors du recrutement, ni en début d’enquête, et ce de manière à ne pas influencer les réponses.
- Sur l’échantillon total (N = 1001), la marge d’erreur maximale est de ± 3,1%.
- Les enquêtes ont été réalisées dans le strict respect des standards de qualité ESOMAR 36.
Résultats détaillés
À la question “Dans quelle mesure êtes-vous favorable, ou non, à la réduction du trafic automobile dans les quartiers les plus densément peuplés de la Région bruxelloise, afin de favoriser les déplacements à pieds, à vélo et en transports en commun”, 59% des sondé·es ont répondu par la positive.
De manière générale, une augmentation du nombre de journées sans voitures est soutenue autant par les hommes (60%) que par les femmes (58%).
En prenant en compte le critère âge, les sondé·es qui ont entre 18 et 24 ans sont les plus nombreux/ses à y être favorables (68%). De l’autre côté se trouvent les personnes de 55 ans et plus (52% en faveur).
Les répondant·es qui n’ont pas d’enfant soutiennent la réduction du trafic routier dans les quartiers denses à 58%. Les sondé·es qui ont au moins un enfant y sont favorables à 63%.
Enfin, les Bruxellois·es qui n’ont pas de voiture soutiennent cette mesure à 69%. Celles et ceux qui possèdent au moins une voiture y sont favorables à 46%.
Conclusion
Les résultats de ce sondage montrent que la majorité des Bruxellois·es est favorable à la réduction du trafic routier dans les quartiers les plus denses de Bruxelles.
Cette majorité se retrouve chez les femmes comme chez les hommes ; au travers toutes les tranches d’âge ; chez les personnes sans enfant comme chez les parents. La seule exception concerne les personnes qui ont au moins une voiture.
Nous demandons donc aux élu·es des 19 communes et de la Région bruxelloise de créer de nouveaux quartiers apaisés en RBC.
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