La zone basses émissions parmi les mesures les plus efficaces pour lutter contre le dioxyde d’azote en ville

La zone basses émissions parmi les mesures les plus efficaces pour lutter contre le dioxyde d’azote en ville

 

Parmi les 28 mesures couramment mises en avant pour lutter contre la pollution de l’air en ville, la création d’une zone de basses émissions (LEZ) fait partie des plus efficaces, montre une nouvelle étude commandée par l’Alliance Européenne pour la Santé Publique (EPHA). En moyenne, les LEZ permettent une réduction des émissions d’oxydes d’azote (NOx) d’environ 20%. Les plus ambitieuses font chuter les niveaux de dioxyde d’azote (NO2) de presque 40%. Malheureusement la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) ne fait pas encore partie des bons élèves.

L’étude rappelle qu’à Londres les niveaux de NO2 ont baissé de 36% en moyenne grâce à la mise en place d’une Zone Très Basses Émissions (Ultra Low Emission Zone – ULEZ). A Bruxelles, les effets de la LEZ sont bien moins impressionnants. Entre 2018 et 2019, les concentrations annuelles de NO2 ont diminué de 10% seulement en moyenne.

Eva Zemmour, Coordinatrice de projets chez Les chercheurs d’air a déclaré : “À Bruxelles le NO2 est responsable de plus de 500 morts prématurées chaque année. Renforcer la zone de basses-émissions est la manière la plus efficace pour répondre rapidement à cette urgence sanitaire. La Région doit prendre des mesures socialement justes dans cette direction, sans attendre.”

L’étude précise que pour être efficace, une zone basses-émissions doit être ambitieuse, ce qui, malheureusement, n’est pas le cas à Bruxelles. En effet, les deux-roues motorisés et les poids-lourds sont toujours autorisés à circuler sur le territoire de la région, bien qu’ils soient responsables d’une grande partie de la pollution de l’air. De plus, le calendrier de la LEZ est timide. Il ne prévoit une sortie des diesels que d’ici 2030 et des essences que d’ici 2035, alors que d’autres grandes villes Européennes comme Paris par exemple franchiront ce pas 5 ans plus tôt.

Eva Zemmour a ajouté : “Les villes européennes qui ont mis en place une zone basses-émissions ambitieuses ont observé une forte diminution de la pollution au NO2. L’enjeu aujourd’hui pour Bruxelles est de s’emparer de ces exemples et d’investir dans la santé de ses habitant.e.s.”

Sascha Marschang, Secrétaire Général ad interim à EPHA, a déclaré: “Alors que nous combattons le Covid-19 avec des vaccins, nous devons également lutter contre le facteur aggravant de tant de maladies, la pollution de l’air. Protéger la santé des personnes est essentiel, et les citoyens devraient pousser les bourgmestres à jouer un rôle de premier plan pour un air plus sain. Le moment est venu pour les communes de dépenser une partie des financements des plans de relance pour «reconstruire en mieux» notre mobilité afin d’améliorer la santé des gens et leur environnement.

A Bruxelles la pollution au dioxyde d’azote, émise à plus de 60% par le trafic routier, est responsable de plus de 500 morts prématurées chaque année. La pollution de l’air a également un coût économique : en 2018 chaque Bruxellois.e a perdu en moyenne 1 395€ à cause des particules fines, du NO2 et de l’ozone.

Contacts :

Les chercheurs d’air

Eva Zemmour

eva@leschercheursdair.be

+32 456 30 43 25

European Public Health Alliance

Matteo Barisione

matteo@epha.org

+32 492 42 89 33


La pollution de l’air due au trafic routier pourrait augmenter jusqu’à 27% à Bruxelles après des décennies d’amélioration

Les villes européennes risquent de connaître une pollution atmosphérique plus importante qu’avant la pandémie de coronavirus, car l’utilisation de la voiture augmente à nouveau. Cette tendance est également évidente dans les villes belges.

 

14 octobre 2020 – Une nouvelle analyse montre comment l’utilisation accrue de la voiture après le confinement pourrait accroître les émissions de la circulation routière de plus d’un quart, si les gens choisissent la voiture plutôt que les transports publics ou d’autres solutions plus propres. Greenpeace et Les Chercheurs d’Air demandent aux autorités publiques de poursuivre la mise en œuvre de certaines mesures adoptées pendant la pandémie comme l’aménagement de pistes cyclables et de plus d’espace pour les piétons.

A Bruxelles, les émissions totales d’oxyde d’azote (NOx) du trafic routier augmenteraient de 5 % si les gens conduisaient 10 % de plus en voiture qu’avant la pandémie. Et les émissions de NOx pourraient être jusqu’à 24 % plus élevées si les gens utilisent leur voiture 50 % de plus, selon une nouvelle analyse commandée par Transport & Environnement (T&E). Selon Bruxelles Environnement, le trafic routier est la principale source d’émissions de NOx dans les villes européennes.

Les particules fines (PM2.5) provenant des véhicules pourraient augmenter jusqu’à 6 % si les voitures parcourent 10 % de kilomètres en plus, et de 31 % si elles en parcourent 50 % de plus. Les particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons et être absorbées dans le sang, et ainsi renforcer des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et le cancer du poumon.

Selon les données, la réduction de la pollution atmosphérique observée dans la plupart des villes européennes depuis le début de la pandémie pourrait bientôt laisser place à un rebond des émissions toxiques provenant de la circulation automobile. Comme de nombreuses personnes évitent les transports publics par peur du coronavirus, la congestion est actuellement en augmentation dans la plupart des villes et pourrait entraîner des émissions dues à la circulation qui dépassent même les niveaux d’avant la crise.[1]

« Les données TomTom montrent qu’à Bruxelles, mais aussi à Gand et à Charleroi, il y a déjà plus de circulation automobile qu’avant le confinement. À Anvers et à Liège aussi, la tendance va dans ce sens. C’est très alarmant, surtout si l’on considère l’impact négatif sur la santé en combinaison avec l’actuelle pandémie de corona« , déclare Elodie Mertz de Greenpeace.

Une nouvelle augmentation des émissions de NOx et de PM2.5 due à la circulation serait une mauvaise nouvelle pour les villes qui présentaient déjà des niveaux dangereux de pollution atmosphérique avant la pandémie et qui, dans de nombreux cas, sont à nouveau confrontées à des niveaux de pollution proches ou supérieurs aux limites légales de l’Union européenne.

En outre, comme il est peu probable que cette pollution se répande uniformément dans les villes, elle exacerbera probablement les inégalités en matière d’exposition à la pollution atmosphérique pour les habitants des communautés les plus défavorisées.

« Nous sommes face à un potentiel effet tsunami : la pollution de l’air a fortement reculé pendant le confinement et elle risque maintenant de revenir frapper nos villes encore plus durement qu’avant. Tout doit être fait pour empêcher cette vague toxique de se former. Elle nous rendrait encore plus vulnérables au Coronavirus.« , explique Pierre Dornier des Chercheurs d’Air.

De nombreuses solutions sont disponibles pour contrer ce retour en force de la pollution. Les villes devraient rendre permanentes certaines nouvelles mesures adoptées pendant la pandémie, telles que les pistes cyclables aménagées et plus d’espace pour les piétons. Il est également temps d’intensifier, et non d’éliminer, les zones à faibles émissions, afin de mettre le cap sur un air réellement sain à respirer. Cela nécessite l’introduction de zones zéro émissions d’ici 2030 au plus tard.

« La pollution de l’air et le coronavirus sont un cocktail très dangereux que nous devons combattre. Des solutions, telles que la mobilité active et le transport électrique, sont disponibles. Il est maintenant urgent d’accélérer leur déploiement.« , conclut Elodie Mertz.

Notes: 

[1] Pour les chiffres actuels par ville, veuillez consulter le classement de TomTom sur les embouteillages : https://www.tomtom.com/en_gb/traffic-index/ranking/