Mesures des concentrations en NO2 dans le quartiers “ParviS” (Saint-Gilles)

Mesures des concentrations en NO2 dans le quartiers “ParviS” (Saint-Gilles)


Introduction


Les quartiers apaisés font partie des mesures qui, sur le papier, aident à lutter contre la pollution de l’air émise par le trafic routier. À l’heure actuelle, il existe malheureusement peu de données qui confirment ou infirment cette hypothèse.

Nous avons donc lancé une campagne de mesures pour suivre l’évolution des concentrations en dioxyde d’azote (NO2), un polluant fortement lié au trafic routier, sur le territoire du nouveau quartier apaisé “ParviS” à Saint-Gilles.

Est-ce que la qualité de l’air va s’améliorer au sein de ce quartier ? Est-ce que la pollution sera déplacée vers la périphérie du quartier ? Les résultats de cette étude devraient, à terme, nous aider à répondre à ces questions.

Étant donné que notre campagne de mesures s’étend sur plusieurs années, ce rapport sera amené à être complété.

Résumé


Les mesures montrent que nos 15 stations installées à Saint-Gilles enregistrent toutes une concentration annuelle moyenne de dioxyde d’azote (NO2) supérieure à la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Or dépasser ce seuil (10 µg/m³) présente des risques importants pour la santé.

Il est donc essentiel de mettre en place ou de soutenir des outils qui permettent d’améliorer la qualité de l’air à grande échelle (ici sur toute la commune de Saint-Gilles). La Zone de Basses-Émissions, entre autres, remplit parfaitement ce rôle et son calendrier doit donc être maintenu : sortie du moteur diesel en 2030 et du moteur thermique en 2035.

Mais les résultats de notre campagne montrent aussi que certaines rues sont bien plus polluées que d’autres et qu’il faut donc rapidement y apporter des solutions locales.

Par exemple, il est urgent de créer des aménagements visant à limiter le trafic motorisé à Barrière et dans la Rue de Mérode. Cela permettra de privilégier la mobilité active et partagée, ainsi que de verduriser l’espace public, ce qui aura pour conséquence, entre autres, d’améliorer la qualité de l’air.

Méthodologie


Dispositif

Nous utilisons pour cette campagne des tubes dits “passifs” du laboratoire Passam. Ces derniers sont installés à deux mètres de hauteur en rue (sur le trottoir, sur un carrefour, etc.) pour une durée de trente jours. Ils sont remplacés tous les mois. Ils permettent ainsi de connaître la concentration moyenne mensuelle en NO2 aux différents points de mesure.

 

Localisation

Nous évaluons le quartier “ParviS”.

Pour ce faire nous avons placé 15 points de mesure. Huit d’entre eux se trouve sur la périphérie du quartier (Avenue Van Volxem, Avenue Fonsny, Rue Blaes (au-dessus du tunnel de la Porte de Hal), Avenue Louise, Rue Defacqz, Avenue Brugmann, Avenue Albert, Avenue du Parc, Avenue Ceuppens). Six autres sont situés au sein du quartier (Rue Bréart, Barrière, Rue de Mérode, Rue Féron, Parvis (à l’extrémité côté Chaussée de Waterloo), Rue d’Ecosse).

Ces mesures nous permettront de savoir, à terme, si les changements de circulation font baisser les concentrations en NO2 à l’intérieur du quartier et s’ils déplacent la pollution en périphérie du quartier.

 

Durée

Les premières mesures ont débuté le 31 mai 2023. Au moment de la publication de cette version du rapport, nous avons récolté 31 mois de données (juin 2023 – décembre 2025).

Notre objectif est d’effectuer des mesures pendant encore au moins une année. Cela nous permettra de tirer des conclusions robustes.

Résultats


Quatre points de mesure plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS

Quatre de nos quinze stations ont enregistré, en 2024 et en 2025, une concentration moyenne annuelle de NO2 qui dépasse de plus de 2,5 fois la recommandation de l’OMS.

Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 198 de la Rue de Mérode, atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.

NO2 : Quatre stations affichent des niveaux plus de 2,5 fois supérieurs au seuil de l'OMS
Les points manquant correspondent à des mois pour lesquels nous n’avons pas de résultats car notre station de mesure a été vandalisée.
Barrière : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Rue de Mérode 198 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Rue du Danemark 2 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Rue Blaes 820 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure

Cinq points de mesure entre 2,5 et 2 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS

Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2,5 et 2 fois la recommandation annuelle de l’OMS.

Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 117 de l’Avenue Louise, atteint une fois une concentration moyenne mensuelle de 31,8µg/m3 de NO2, soit plus de 3 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.

NO2 : 5 stations affichent des niveaux entre 2,5 et 2 fois supérieurs au seuil de l’OMS
Avenue Louise 117 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Parvis : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Avenue Van Volxem 364 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Avenue du Parc 75 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Rue d’Ecosse 2 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure

Cinq points de mesure entre 2 et 1,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS

Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2 et 1,5 fois la recommandation de l’OMS.

Toutes ces stations de mesure atteignent au moins une fois une concentration moyenne mensuelle supérieure à 25µg/m3 de NO2, soit plus de 2,5 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.

NO2 : 5 stations affichent des niveaux entre 2 et 1,5 fois supérieurs au seuil de l’OMS
Rue Defacqz 140 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure 
Avenue Ceuppens 138 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Avenue Albert (devant le Bar du Matin) : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Avenue Brugmann 123 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure
Rue Féron 45 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure

Un point de mesure entre 1,5 et 1 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS

Seule une de nos quinze stations a enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 1,5 et 1 fois la recommandation de l’OMS.

La concentration moyenne mensuelle de cette station dépasse à plusieurs reprises plus de 2 fois le seuil annuel recommandé par l’OMS. Mais il est également intéressant de noter que c’est le seul point de mesure dont la concentration moyenne mensuelle descend plusieurs fois sous la recommandation de l’OMS.

NO2 : 1 station affiche des niveaux entre 1,5 et 1 fois supérieur au seuil de l’OMS
Rue Bréart 47 : Concentration moyenne sur toute la durée de mesure

Conclusion


Notre campagne de mesures des concentrations en NO2 menée de juin 2023 à décembre 2025 dans le quartier “ParviS” contient plusieurs enseignements.

Elle nous montre tout d’abord que les 15 points de mesure que nous avons installés sont surexposés au NO2. En effet, tous connaissent une concentration annuelle moyenne supérieure à la recommandation de l’OMS.

Quatre stations ont une concentration moyenne plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS. L’une d’entre elles, située Rue de Mérode 198 a atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS.

Cependant, une station, située dans la Rue Bréart, connait à plusieurs reprises une concentration moyenne mensuelle en NO2 qui descend sous la recommandation de l’OMS.

Le problème de pollution au dioxyde d’azote que connaît le quartier ParviS peut être atténué de plusieurs manières. Le plus efficace est la Zone de Basses- Émissions (LEZ). Afin de réduire, de manière significative, durable et à l’échelle de toute la Région bruxelloise, les concentrations en NO2, il est essentiel de maintenir le calendrier actuel de la LEZ : sortie du diesel en 2030 et du thermique en 2035.

Ensuite, et de manière plus locale, il est urgent de donner plus de place à la mobilité active et partagée. Cela passe, entre autres, par la création de rues scolaires, de pistes cyclables séparées, de voies de bus ou de tram en site propre, ou encore de la végétalisation des rues. Enfin, d’autres pistes, plus avant-gardistes, peuvent être explorées, par exemple avec la création de bandes de circulations réservées aux véhicules électriques ou au covoiturage.


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Quelles sont les communes qui soutiennent le plus les rues scolaires ?

Quelles communes soutiennent le plus les rues scolaires ?


Résumé


Nous avons établi un classement des communes bruxelloises selon leur investissement en faveur des rues scolaires. Cette évaluation tient compte du nombre de dispositifs existants, des projets en cours et de l’engagement des élu·es à en créer de nouveaux.

L’analyse révèle que seules cinq communes bruxelloises se distinguent réellement par leur volonté de développer des rues scolaires. Saint-Gilles arrive en tête grâce à une forte proportion d’écoles déjà concernées et à la poursuite de nouveaux projets. Forest, la Ville de Bruxelles, Jette et Schaerbeek sont les seules autres communes à dépasser la moyenne, notamment grâce à des projets concrets. Parmi les communes obtenant moins de la moyenne à notre classement, Evere et Watermael-Boitsfort sont les deux seules à s’engager à créer une nouvelle rue scolaire d’ici fin 2027.

Ailleurs, les engagements concrets restent absents malgré la présence de rues scolaires appréciées des familles, et parfois mentionnées dans les accords de majorité. Certaines communes, comme Anderlecht, Koekelberg ou Woluwe-Saint-Lambert, ne montrent aucun intérêt à développer de nouveaux dispositifs. Auderghem ne dispose d’aucune rue scolaire ni de projet en ce sens.

Ce manque d’ambition politique contraste avec l’opinion publique : 72 % des Bruxellois·es soutiennent la création de zones piétonnes devant les écoles. Cette situation est d’autant plus regrettable que les rues scolaires jouent un rôle essentiel pour la santé et la sécurité des enfants, dans un contexte de pollution de l’air préoccupant.

Les rues scolaires face à la pollution de l'air


Dans les grandes villes, à Bruxelles comme ailleurs, le trafic routier est la principale source de pollution atmosphérique. Il émet près de la moitié des oxydes d’azote (NOx) et près d’un quart des particules fines PM2.5.

Une exposition à ces deux polluants, sur le court comme sur le long terme, est source de nombreux problèmes de santé. Certains peuvent être considérés comme légers. C’est le cas par exemple de gênes respiratoires telles que des éternuements. D’autres sont bien plus graves : asthme, AVC, cancers, etc.

Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air car leur métabolisme est encore en développement, car ils respirent plus vite et parce que, du fait de leur petite taille, ils sont plus proches des sources de pollution que sont les pots d’échappement.

À Bruxelles, beaucoup trop d’écoles sont littéralement asphyxiées par le trafic routier, avec des conséquences très graves sur la santé des enfants.

Comme le montre notre rapport, sur les 622 écoles fondamentales bruxelloises, 121 connaissent des concentrations en NO2 entre deux et trois fois supérieures au seuil de l’OMS. Aucune n’est en dessous de cette recommandation.

Les rues scolaires sont des voiries situées devant des écoles et fermées au trafic motorisé. Elles peuvent être temporaires, actives uniquement lors des heures d’entrée et de sortie des classes, ou permanentes.

En limitant le trafic motorisé aux abords des écoles, elles aident les enfants à mieux respirer. Elles sont également un outil essentiel pour améliorer la sécurité routière et créer des espaces de rencontres. Aujourd’hui, à peine 11% des écoles fondamentales publiques bénéficient d’une rue scolaire. On pourrait pourtant en créer rapidement et facilement devant 70% d’entre elles.

Méthodologie


Pour établir ce classement, nous nous sommes basés sur 7 critères :

  1. Mention dans la Déclaration de Politique Générale (2 points). Nous avons analysé la DPG de chaque commune et avons relevé toutes les mentions des rues scolaires.
  2. Engagement de l’échevin·e de la mobilité à créer au moins une rue scolaire d’ici fin 2027 (2 points). Via un formulaire en ligne, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si, oui ou non, ils et elles s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires d’ici 2027 (mi-mandat).
  3. Nombre de rues scolaires qu’il/elle s’engage à créer d’ici fin 2027 (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes combien de nouvelles rues scolaires ils et elles s’engagent à créer d’ici 2027, le cas échéant.
  4. Engagement de l’échevin·e à créer au moins une rue scolaire piétonne d’ici fin 2027 (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si ils et elles s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires piétonnes d’ici 2027. Ne sont pris en compte ici que les engagements à piétonniser une rue qui n’est pas déjà une rue scolaire temporaire.
  5. Engagement qu’il/elle va piétonniser une rue scolaire existante (2 points). Via le même formulaire, nous avons demandé aux échevin·es de la mobilité des 19 communes si ils et elles s’engagent à piétonniser une rue scolaire existante.
  6. Projet concret de rues scolaires (2 points). Nous avons inventorié l’ensemble des projets de rues scolaires approuvés par le Collège communal, faisant l’objet d’une demande de subsides pour leur aménagement ou leur accompagnement, ou encore étant à un stade avancé d’étude en interne. Cet inventaire a été réalisé en collaboration avec les 19 communes.
  7. Proportion d’écoles bénéficiant d’une rue scolaire (5 points). Nous avons inventorié toutes les écoles maternelles et primaires qui ont une rue scolaire. Cet inventaire a été fait en collaboration avec les 19 communes.

Cette évaluation nous a permis d’obtenir un résultat sur 17, que nous avons ramené sur 10 points dans le résultat final pour une lecture plus aisée.

Nous n’avons pas reçu de réponse des échevin·es d’Etterbeek, Molenbeek, Saint-Josse et de Woluwe-St-Pierre, malgré de nombreuses relances. Anderlecht et Ixelles ont, quant à elles, refusé de participer à notre enquête. Ce manque de réaction laisse malheureusement penser que les rues scolaires, et, par extension, la santé et la sécurité des enfants, ne constituent pas une priorité pour ces communes.

Pour l’ensemble des communes n’ayant pas répondu, nous avons attribué un « Non » aux questions portant sur l’engagement à créer des rues scolaires d’ici fin 2027 (critère 2, 3, 4 et 5). Nous avons toutefois pris en considération la proportion d’écoles déjà dotées d’une rue scolaire, la présence éventuelle de ce dispositif dans les Déclarations de Politique Générale, ainsi que les projets concrets communiqués par les services mobilité (critères 1, 6 et 7).

Classement


Voici les résultats, sur 10, pour chaque commune. Certaines communes ont le même score. Nous avons alors inscrit un signe “=”. Nous avons cependant gardé le classement sur 19 pour les autres communes.

Classement général des communes bruxelloises en fonction de leur engagement en faveur des rues scolaires

* Absence de réponse

Détail en annexe

Analyse


Qui va créer des rues scolaires ?

À la suite des élections communales et des accords de majorité, 12 communes sur 19 ont intégré les rues scolaires dans leur Déclaration de Politique Générale.

Toutefois, parmi celles-ci, seules 5, via leur échevin·e de la mobilité, s’engagent à créer de nouvelles rues scolaires d’ici fin 2027, soit la mi-mandat. Il s’agit de

  • la Ville de Bruxelles
  • Schaerbeek
  • Watermael-Boitsfort
  • Forest
  • Saint-Gilles

Ces deux dernières prévoient également la piétonnisation d’une rue scolaire existante.

Les sept autres communes ayant inscrit les rues scolaires dans leur DPG ne s’engagent pas à en mettre en place, au détriment de la santé et de la sécurité des enfants (Etterbeek, Ganshoren, Ixelles, Molenbeek, Saint-Josse, Uccle, Woluwe-St-Pierre).

Du côté des communes qui ne mentionnent pas les rues scolaires dans leur DPG, deux exceptions se distinguent : Evere et Jette, où les échevin·es de la mobilité projettent malgré tout d’en créer au moins une d’ici 2027.

Les cinq autres, à savoir Anderlecht, Auderghem, Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg et Woluwe-Saint-Lambert, choisissent de ne pas intégrer les rues scolaires dans leurs DPG. Elles ne s’engagent pas non plus à en créer de nouvelles d’ici la mi-mandat. Elles occupent logiquement les dernières places du classement.

Mention des rues scolaires dans la DPG (critère 1) et Engagement de l’échevin·e à créer au moins une rue scolaire d’ici la mi-mandat (critère 2)

Parmi les communes qui s’engagent à créer au moins une rue scolaire d’ici la mi-mandat (critère 2) : nombre de rues scolaire qu’elles s’engagent à créer (critère 3) et engagement à piétonniser une rue scolaire existante (critère 5)

Quelles communes ont des projets en cours ?

Parmi les 7 communes qui s’engagent, via leur échevin·e de la mobilité, à créer de nouvelles rues scolaires, trois communes ont des projets concrets en cours actuellement :

  • la Ville de Bruxelles
  • Forest
  • Jette

Par concrets, nous entendons des projets approuvés par le Collège Communal, qui ont fait l’objet d’une demande de subsides pour leur aménagement ou pour l’accompagnement de leur mise en place, ou qui sont à l’étude en interne. Ces trois communes ont ainsi amorcé des actions visibles afin de respecter leur objectif de créer au moins une rue scolaire d’ici la fin de l’année 2027.

Rues scolaires existantes, où en est-on ?

Pour intégrer à notre classement les rues scolaires existantes, nous avons mis à jour notre inventaire. Il indique, pour chaque commune, la proportion d’écoles fondamentales publiques disposant d’une rue scolaire, qu’elle soit piétonne ou temporaire.

Saint-Gilles se démarque clairement : proportionnellement, c’est la commune qui compte le plus grand nombre d’écoles fondamentales dotées d’une rue scolaire. Derrière elle, neuf communes en ont mis en place devant 10 à 20 % de leurs écoles. Les autres communes restent sous ce seuil de 10 %, Auderghem occupant la dernière place sans aucune rue scolaire.

Il est important de noter que, même dans les communes qui se trouvent en tête de cet inventaire, il reste encore du travail à faire en créant plus de rues scolaires, idéalement piétonnes et végétalisées.

Conclusion


L’analyse met en évidence cinq communes qui se distinguent nettement par leur engagement concret en faveur des rues scolaires. Parmi elles, Saint-Gilles occupe la première place. La commune se démarque par la proportion particulièrement élevée d’écoles en bénéficiant sur son territoire, et poursuit par ailleurs ses efforts pour en créer de nouvelles.

Forest, la Ville de Bruxelles, Jette et Schaerbeek se positionnent également parmi les communes les plus engagées, notamment grâce à des projets concrets de création de nouveaux aménagements de ce type.

Evere et Watermael-Boitsfort sont les seules communes à obtenir moins de la moyenne à notre score, mais à tout de même prévoir la création d’au moins une rue scolaire d’ici la fin de l’année 2027.

Au-delà de ces communes, aucun engagement formel en faveur de nouveaux projets n’a été identifié. Certaines d’entre elles mentionnent pourtant les rues scolaires dans leur accord de majorité (Etterbeek, Ganshoren, Ixelles, Molenbeek, Saint-Josse, Uccle et Woluwe-Saint-Pierre). Elles disposent déjà de dispositifs grandement appréciés des familles. Il est dommage que le succès rencontré par ceux-ci n’encourage pas la création de nouvelles rues scolaires.

D’autres communes, telles qu’Anderlecht, Koekelberg et Woluwe-Saint-Lambert, ne manifestent pour l’instant aucun intérêt à développer ce type de projet.

Enfin, Auderghem clôt le classement : il s’agit de la seule commune ne disposant d’aucune rue scolaire, ne mentionnant pas ce dispositif dans son accord de majorité et n’ayant annoncé aucun projet en ce sens.

Pour rappel, les rues scolaires sont un outil formidable pour protéger les enfants de la pollution de l’air, de la pollution sonore ou encore des accidents de la route. Il est donc essentiel d’en créer partout où c’est possible. Nous nous réjouissons que certaines communes montrent l’exemple en la matière. Nous espérons qu’elles vont continuer dans cette direction et que les autres communes vont les suivre au plus vite. La santé et le bien-être de nos enfants sont en jeu.

Annexes


Questionnaire

1) Vous engagez-vous à créer au moins une nouvelle rue scolaire d’ici fin 2027 ?

Oui / Non

(Si oui)

1.1) Combien de rues scolaires vous engagez-vous à créer d’ici fin 2027 ?

1 / 2 / 3 ou plus

1.2) Vous engagez-vous à créer au moins une nouvelle rue scolaire piétonne en permanence ?

Uniquement parmi les nouvelles rues scolaires que vous vous engagez à créer d’ici fin 2027. Ne sont pas concernées dans cette question les rues scolaires déjà existantes qui deviendraient piétonnes.

Oui / Non

2) Vous engagez-vous à piétonniser une rue scolaire déjà existante aujourd’hui ?

On prend en compte ici les rues scolaires déjà en place aujourd’hui, fermée au trafic motorisé à certains moment de la journée, mais que vous vous engagez à rendre piétonne en permanence.

Oui / Non

Résultats complets


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Quelle part de l'espace public est réservée à la voiture ?

Plus de la moitié de l'espace public est dédié à la voiture


En ville, l’espace public est un bien commun essentiel. On y apprend à marcher, à courir, à faire du vélo. On y joue et on s’y balade en famille. On y boit un café en lisant un livre, on mange un bout avec des ami·es.

Nos rues et nos places jouent également un rôle essentiel dans nos déplacements. Au début du XXème siècle, la voiture commence à y prendre de la place. Quelques décennies plus tard, elle s’est largement imposée dans le paysage urbain pour répondre à sa demande de voirie et de stationnement. Avec un impact sur le bien-être et la santé des Bruxellois·es, le trafic routier étant à l’origine de près de la moitié des émissions de dioxyde d’azote, et d’un quart des particules fines.

Il y a 10 ans, le trafic motorisé avait priorité sur 57,7% de l’espace public bruxellois. Où en sommes-nous ?

Pour répondre à cette question, nous avons mesuré, de façon concrète et rigoureuse, comment se répartit l’espace public dans la capitale. Nous publions ici l’actualisation de l’analyse, enrichie par une méthodologie plus précise. Elle a été développée en collaboration avec le bureau d’urbanisme BRAT, et basée sur des outils de cartographie améliorés.

Le constat suivant reste d’actualité : l’espace est pensé pour la voiture, en contradiction flagrante avec les pratiques réelles des Bruxellois·es. En effet, aujourd’hui, près de 7 déplacements sur 10 à Bruxelles se font à pied, en transport en commun ou à vélo. De surcroît, plus de la moitié des ménages bruxellois ne possèdent pas de voiture.

Il est donc injuste que la mobilité active et partagée ait moins de place que la voiture individuelle.

Nous demandons que d’ici 2030, au moins 60 % de l’espace public soit réservé aux modes actifs et aux transports en commun.

Téléchargez le rapport simplifiéTéléchargez le rapport technique

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Mesure des concentrations en NO2 dans le quartier Neerstalle

Mesure des concentrations en NO2 dans le quartier Neerstalle


Introduction


Les quartiers apaisés font partie des outils qui, sur le papier, aident à lutter contre la pollution au dioxyde d’azote (NO2), un gaz principalement émis par le trafic routier. À l’heure actuelle, il existe malheureusement peu de données qui confirment ou invalident cette hypothèse.

Nous avons donc lancé, début 2024, une campagne de mesures des concentrations en NO2 sur le territoire du quartier apaisé Neerstalle. L’objectif était de suivre l’évolution de ce polluant sur trois ans : un an avant la création du quartier apaisé et deux ans après.

Les résultats des mesures effectuées de mars 2024 à février 2025 nous montrent, entre autres, que le seuil de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est dépassé partout. Pour rappel, d’après l’OMS, “le dépassement de cette recommandation est associé à des risques importants pour la santé publique.”

Sept points de mesure sont plus de 2 fois au-dessus du seuil de l’OMS :

  • Rue de la Soierie 26
  • Avenue du pont de Luttre 42
  • Rue de Stalle 222
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique 3
  • Rue Prolongée de Stalle, Arrêt bus Eggergat
  • Chaussée de Neerstalle 51
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique, Arrêt bus Bempt

Il est donc important de réduire le trafic, d’une manière ou d’une autre, dans le quartier Neerstalle.

Malheureusement, le financement de cette campagne n’a, pour le moment, pas été renouvelé. Nous ne pourrons donc peut-être pas comparer ces premiers résultats avec des mesures de NO2 effectuées après la mise en place du nouveau plan de mobilité.

Mesure des concentrations en NO2


Dispositif


Nous utilisons pour cette campagne des tubes dits “passifs” du laboratoire Passam. Ces derniers sont installés à deux mètres de hauteur en rue (sur le trottoir, sur un carrefour, etc.) pour une durée de trente jours. Ils sont remplacés tous les mois. Ils permettent ainsi de connaître la concentration moyenne mensuelle en NO2 aux différents points de mesure.

Localisation


Afin de pouvoir évaluer l’impact du quartier apaisé Neerstalle sur les concentrations en NO2, nous avons créé 20 points de mesure. Ces points de mesure ont été placés soit en périphérie du quartier, soit à l’intérieur, là où des changements de circulation sont prévus (voir carte ci-dessous).

Dix points de mesure se trouvent à l’intérieur du quartier, là où des modifications du plan de circulation doivent avoir lieu (mise en sens unique d’une rue par exemple). Des mesures sur plusieurs années nous permettraient ainsi de connaître l’impact de ces changements sur la pollution au NO2.

  • Chaussée de Bruxelles, Arrêt bus Monaco
  • Avenue Victor Rousseau 187
  • Rue Jean-Baptiste Vanpé 26
  • Chaussée de Neerstalle 51
  • Avenue Kersbeek 76
  • Avenue de Haveskercke 23
  • Avenue de la Verrerie 140
  • Chaussée de Neerstalle 383
  • Chaussée de Neerstalle 420
  • Rue Baron Guillaume van Hamme 50

Les dix autres points sont en périphérie du quartier. Grâce à eux, et si cette campagne de mesures peut continuer, nous pourrons savoir si la modification du plan de mobilité à l’intérieur du quartier déplace la pollution sur les bords de ce même quartier.

  • Avenue du pont de Luttre 42
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique 3
  • Avenue Van Volxem 108
  • Avenue du Globe 72
  • Rue Gatti de Gamond 153
  • Rue de Stalle 222
  • Rue Prolongée de Stalle, Arrêt bus Eggergat
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique, Arrêt bus Bempt
  • Rue de la Soierie 26
  • Boulevard de la 2ème Armée Britannique 355

Nouveau plan de mobilité de la commune de Forest

Durée


Les mesures ont débuté le 1er mars 2024 et se sont terminées le 27 février 2025. Elles couvrent donc une période de 12 mois.

Résultats


Ci-dessous sont affichés les résultats sous forme de graphique, où chaque courbe représente un point de mesure. Nous avons également ajouté sur le graphe la valeur annuelle recommandée par l’OMS en matière de NO2.

Sept stations plus de deux fois au-dessus de la recommandation de l’OMS

Les résultats montrent plusieurs choses. Tout d’abord, de mars 2024 à février 2025, sept points de mesure sont exposés à des concentrations en NO2 plus de 2 fois supérieurs à la recommandation de l’OMS. C’est le cas de :

  • Rue de la Soierie 26, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en NO2 de 24.7 μg/m3. Il est à noter qu’il nous manque le mois de février 2025. Ce mois est généralement marqué par une pollution au NO2 élevée. Il est donc probable que la concentration annuelle moyenne en NO2 soit en effet plus de 2 fois au-dessus du seuil de l’OMS.
  • Avenue du pont de Luttre 42, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en NO2 de 24.5 μg/m3.
  • Rue de Stalle 222, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en NO2 de 22.4 μg/m3.
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique 3, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en NO2 de 22.0 μg/m3.
  • Rue Prolongée de Stalle, Arrêt bus Eggergat, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en NO2 de 21.7 μg/m3. Il est à noter qu’elle a été détruite quatre fois, ce qui a entraîné la perte des données pour avril, mai, juin et octobre 2024. Les mois d’avril, mai et juin sont généralement marqués par une pollution au NO2 dans la moyenne, le mois d’octobre par une pollution élevée. Il est donc probable que la concentration annuelle moyenne en NO2 soit en effet plus de 2 fois au-dessus du seuil de l’OMS.
  • Chaussée de Neerstalle 51, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en N02 de 21.4 μg/m3. Il est à noter qu’il nous manque le mois de mars 2025. Ce mois est généralement marqué par une pollution au NO2 élevée. Il est donc probable que la concentration annuelle moyenne en NO2 soit en effet plus de 2 fois au-dessus du seuil de l’OMS.
  • Bd de la Deuxième Armée Britannique, Arrêt bus Bempt, qui enregistre une concentration annuelle moyenne en N02 de 21.2 μg/m3. Il est à noter qu’il nous manque le mois de juin 2025. Ce mois est généralement marqué par une pollution au NO2 dans la moyenne. Il est donc probable que la concentration annuelle moyenne en NO2 soit en effet plus de 2 fois au-dessus du seuil de l’OMS.

Un pic trois fois au-dessus de la recommandation de l’OMS

Notre station installée Avenue du pont de Luttre 42 a enregistré, en mai 2024, une concentration moyenne en NO2 de 30.6 μg/m3. C’est plus de trois fois supérieur au seuil préconisé par l’OMS.

Tous les points de mesure surexposés au NO2.

Le troisième constat est que tous les points de mesure sont exposés à des concentrations moyennes annuelles en NO2 qui dépassent la,recommandation de l’OMS.

Certaines stations sont proches du seuil de l’OMS

Cependant, certaines adresses n’en sont plus très éloignées de la ligne des 10 μg/m3 de NO2 préconisée par l’OMS. En effet, l’Avenue du Globe 72, la Rue Baron Guillaume van Hamme 50 et l’Avenue de la Verrerie 140 connaissent respectivement une concentration moyenne annuelle en NO2 de 15.1, 14.9 et 13.7 μg/m3.

Il est également à noter que, pendant l’été, période de vacances durant laquelle il y a moins de trafic routier, les concentrations moyennes mensuelles de ces trois stations passent sous la barre des 10 μg/m3 de NO2.

Conclusion


Notre campagne de mesures des concentrations en NO2 menée de mars 2024 à février 2025 dans le quartier Neerstalle contient plusieurs enseignements.

Elle nous montre tout d’abord que les 20 points de mesure que nous avons installés sont surexposés au NO2. En effet, tous connaissent une concentration annuelle moyenne supérieure à la recommandation de l’OMS.

Sept stations ont une concentration annuelle moyenne plus de deux fois au-dessus du seuil de l’OMS. L’une d’entre elles, située Avenue du pont de Luttre 42, a enregistré, en mai 2024, une concentration moyenne en NO2 de 30.6 μg/m3. C’est plus de trois fois supérieur à la recommandation de l’OMS.

Cependant, certains points de mesure se rapprochent du seuil préconisé par l’OMS, et descendent même en dessous pendant la période estivale, alors qu’il n’y a plus beaucoup de trafic routier.

Le problème de pollution au NO2 que connaît le quartier Neerstalle peut être atténué de plusieurs manières. Le plus efficace est la Zone de Basses- Émissions (LEZ). Afin de réduire, de manière significative, durable et à l’échelle de toute la Région bruxelloise, les concentrations en NO2, il est essentiel de maintenir le calendrier actuel de la LEZ : sortie du diesel en 2030 et du thermique en 2035.

Ensuite, et de manière plus locale, il est essentiel de donner plus de place à la mobilité active et partagée. Cela passe, entre autres, par la création de rues scolaires, de pistes cyclables séparées ou encore de voies de bus ou de tram en site propre. Enfin, d’autres pistes, plus avant-gardistes, peuvent être explorées, par exemple avec la créations de bandes de circulations réservées aux véhicules électriques ou au covoiturage.


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Pollution NO2 autour des établissements de santé bruxellois

Pollution NO2 autour des établissements de santé bruxellois


Introduction


Bruxelles fait partie des villes européennes les plus polluées au dioxyde d’azote (NO2). Elle souffre également, comme beaucoup d’autres zones urbaines, des émissions de particules fines. Le trafic routier est responsable d’une grande partie de ce problème. Il émet ​23%​ des particules très fines (PM2.5) et 47% des oxydes d’azote (NOx).

La pollution de l’air peut causer ou aggraver de nombreux problèmes de santé. Sa présence est donc très problématique autour des établissements de santé (hôpitaux, cliniques et Maisons de Repos et de Soin), où des personnes vulnérables sont censées guérir. En effet, tous les bâtiments ne sont pas équipés de filtres efficaces contre ce polluant.

Par exemple, les patient·es souffrant de pathologies chroniques, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, peuvent voir leurs symptômes empirer sous l’effet des polluants atmosphériques, dont l’impact inflammatoire est bien documenté.

Les personnes âgées sont aussi plus sensibles à cette pollution, principalement en raison d’une diminution de l’efficacité de leur système immunitaire et d’une exposition prolongée aux polluants au fil de leur vie.

Pour rappel, plusieurs centaines de Bruxellois·es meurent prématurément chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’air liée au trafic routier.

Grâce au logiciel de modélisation SIRANE, nous sommes en mesure de connaître les concentrations en NO2 pour chaque établissement de santé de la Région bruxelloise.

Malheureusement, les résultats montrent que la totalité des sites analysés (hôpitaux, cliniques et Maisons de Repos et de Soins) est exposée à des niveaux de pollution qui dépassent la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Résumé


En 2022, 100% des établissements de santé bruxellois analysés par le logiciel SIRANE sont surexposés au dioxyde d’azote.

Un établissement connaît une concentration moyenne annuelle en NO2 plus de 3 fois supérieure à la recommandation de l’OMS.

25 sites sont exposés à des niveaux de pollution entre deux et trois fois au-dessus du seuil de l’OMS.

Les autres (107 sites) dépassent cette ligne au moins une fois.

Pour rappel, d’après l’OMS, “le dépassement des niveaux des lignes directrices pour la qualité de l’air est associé à des risques importants pour la santé publique.”

Il est important de préciser que ces résultats sont conservateurs et que les concentrations réelles auxquelles sont exposées les établissements de santé sont très probablement plus élevées que celles calculées par SIRANE.

Méthodologie


SIRANE est un logiciel de modélisation de la pollution atmosphérique en milieu urbain. Il a été développé par le Laboratoire de Mécanique des Fluides et d’Acoustique de l’Ecole Centrale de Lyon. Il a été adapté à la Région bruxelloise par l’Université Catholique de Louvain (UCLouvain), en collaboration avec Bruxelles Environnement et avec le soutien de Bloomberg Philanthropies.

SIRANE permet de simuler, entre autres, la concentration annuelle moyenne en NO2 partout en Région bruxelloise. Pour ce faire, le système prend en compte plusieurs paramètres comme la géométrie des bâtiments (pour différencier les rues “canyon” des rues ouvertes par exemple), la météorologie (vent, température, etc.), les émissions de polluants (sources de pollution et types de polluants par exemple) et la pollution de fond.

Le logiciel SIRANE a été validé par comparaison avec des simulations numériques détaillées, des expériences en soufflerie et des expériences de terrain. Afin de confirmer la fiabilité des résultats pour Bruxelles, ces derniers sont comparés aux résultats obtenus par les stations de mesure officielles de Bruxelles Environnement.

Nous avons demandé à l’UCLouvain de calculer, grâce à SIRANE, la concentration moyenne en NO2 pour tous les établissements de santé de la Région bruxelloise en 2022. La liste des 133 sites provient de la liste d’Iriscare pour les Maisons de Repos et de Soin et Bruxelles Social pour les hôpitaux et les cliniques. 

Nous avons ensuite créé, sur base de ces résultats, une carte interactive afin de pouvoir visualiser facilement le niveau de pollution de chaque site. Chaque point représente un site. Les couleurs correspondent à la qualité de l’air définie en fonction de la concentration moyenne annuelle en NO2. Le code couleur que nous avons utilisé se base sur la recommandation de l’OMS. Pour le NO2, la ligne directrice se situe à 10µg/m³ en moyenne annuelle, limite au-dessus de laquelle il existe “des risques importants pour la santé publique”.

  • Vert – Sous le seuil annuel de l’OMS (<10µg/m³)
  • Jaune – Dépasse d’une fois le seuil annuel de l’OMS (10 à 20µg/m³)
  • Rouge – Dépasse de 2 fois le seuil annuel de l’OMS (20 à 30µg/m³)
  • Violet – Dépasse de 3 fois le seuil annuel de l’OMS (30 à 40µg/m³)
  • Noir – Dépasse de 4 fois et plus le seuil annuel de l’OMS (>40µg/m³)

Il est important de préciser que les résultats de cette analyse sont conservateurs, et ce pour les raisons suivantes :

  • Le modèle MuSti a été utilisé pour estimer le trafic routier. Or ce modèle ne simule que le trafic en Région de Bruxelles-Capitale (sur base des données belges), ce qui exclut une grande partie du ring, qui se trouve en Flandre. Il est donc probable que les établissements de santé qui se trouvent à proximité du ring soient plus pollués que ce que calcule SIRANE. Le modèle MuSti est également sujet à une incertitude étant donné qu’il a été créé seulement pour fonctionner sur les axes principaux et aux heures de pointe, et que les flux de véhicules sur le réseau non structurant est issu d’extrapolation.
  • Le modèle SIRANE “place” ses points de mesure en haut des bâtiments, au niveau du toit. La concentration en NO2 y est donc moins importante qu’au niveau de la rue, juste à côté du trafic routier.

Résultats


Nous avons analysé les concentrations en NO2 sur 133 sites (hôpitaux, cliniques et Maisons de Repos et de Soins).

Un établissement, la Maison de Repos et de Soins (MRS) Petites sœurs des pauvres, connaît une concentration moyenne annuelle en NO2 plus de 3 fois supérieure à la recommandation de l’OMS.

25 sites sont exposés à des niveaux de pollution entre deux et trois fois au-dessus du seuil de l’OMS. Parmi eux se trouvent :

  • La polyclinique du Lothier
  • La Clinique Saint-Jean – Site Botanique
  • Le Centre médical Parc Léopold
  • La Clinique Saint-Jean – Site Méridien
  • La Clinique de la Basilique
  • Le CHU Saint-Pierre – Site Site Alexiens/César de Paepe
  • Le Centre Medical Europe-Lambermont
  • Le CHU Saint-Pierre – Site Porte De Hal

Ces 8 sites comptabilisent plusieurs centaines de milliers d’admissions chaque année.

Les autres (107 établissements) dépassent cette ligne au moins une fois.

Conclusion et recommandations


Grâce à l’outil de modélisation SIRANE, nous découvrons que, en 2022, la totalité des établissements de santé bruxellois est exposé à des concentrations moyennes annuelles en NO2 associées à des risques importants pour la santé publique. Certains sites dépassent la recommandation de l’OMS de plus de deux fois.

Ce constat doit servir de nouvelle sonnette d’alarme et inciter nos élu·es à renforcer ou mettre en place rapidement des mesures qui permettent de lutter efficacement contre la pollution de l’air.

Nous demandons en priorité de maintenir le calendrier final de la LEZ, à savoir, la sortie du diesel d’ici 2030 et la sortie du thermique d’ici 2035. La Zone de Basses-Émissions est la mesure la plus efficace pour lutter contre la pollution de l’air.

D’autres mesures comme la création de rues scolaires, l’aménagement de quartiers apaisés, l’optimisation des livraisons à domicile ou le développement de l’autopartage peuvent également aider à lutter contre la pollution de l’air en Région bruxelloise.

Remerciements


Nous remercions Axel Briffault de l’UCLouvain pour les analyses SIRANE utilisées ici, ainsi que pour sa relecture du présent rapport. Nous remercions également Alessandro Gambale de Buildwind pour sa relecture.


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Calcul des concentrations en NO2 aux abords des écoles bruxelloises

Calcul des concentrations en NO2 aux abords des écoles bruxelloises


En 2022, la totalité des 855 établissements scolaires (fondamentaux et secondaires) bruxellois analysés par le logiciel SIRANE sont exposés à des concentrations annuelles moyennes en NO2 qui dépassent le seuil de l’OMS.

Sur les 622 écoles fondamentales (maternelles et primaires) analysées, 121 (soit 19,45%) connaissent des concentrations entre deux et trois fois supérieures au seuil de l’OMS.

Pour rappel, d’après l’OMS, “le dépassement des niveaux des lignes directrices pour la qualité de l’air est associé à des risques importants pour la santé publique.”

Il ressort également de l’analyse que certaines communes sont plus durement touchées que d’autres. La quasi-totalité des écoles de Saint-Josse et la moitié des écoles de Ganshoren et de Schaerbeek sont exposées à des concentrations moyennes annuelles en NO2 entre deux et trois fois supérieures à la recommandation de l’OMS.

Dans ces trois communes, le taux de risque de pauvreté est supérieur à 20%, et atteint même les 34% à Saint-Josse, le plus élevé de Belgique. Les populations précarisées étant plus vulnérables à la pollution de l’air, cette situation représente donc une double injustice.

Il est important de préciser que ces résultats sont conservateurs et que les concentrations réelles auxquelles sont exposées les écoles sont très probablement plus élevées que celles calculées par SIRANE.

Télécharger le rapport

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