Dites oui à une meilleure qualité de l'air à Jette !

La commune de Jette a lancé fin décembre une enquête pour évaluer son nouveau plan de circulation Lecharlier. Jusqu’au 15 janvier 2023, les habitant.es du quartier mais aussi les commerçant.es, écoles, parents et élèves ont la possibilité d’exprimer leur avis. 

Pour rappel, la phase test de ce plan de circulation a été interrompue par la commune après deux mois, au lieu des six initialement prévus. Les infrastructures (poteaux, peinture, etc.) qui réorganisaient la circulation ont été retirées pour revenir à la situation initiale.

Nous encourageons les Jettois.es concerné.es et préoccupé.es, entre autres par la pollution de l’air, à répondre à cette enquête en se prononçant POUR les différents aménagements proposés

Nous suggérons également d’indiquer une remarque demandant de recevoir le rapport détaillé des résultats de cette enquête (nombre de participant.es, taux de réponses aux questions, etc.), des comptages effectués avant/après la mise sur pied du plan et des modalités de décisions pour les prochaines étapes.

Pour des plans de circulation ambitieux !

Les plans de circulation visant l’optimisation du trafic motorisé ont déjà prouvé à plusieurs reprises leurs effets bénéfiques sur la santé et le cadre de vie de tous et toutes, et surtout des plus vulnérables. 

Passons en revue certains avantages observés : 

  • Les piéton.es et cyclistes sont plus en sécurité :  En 2020, 45% des tué.es ou blessé.es graves sur les routes bruxelloises sont des piétonn.es. Les plans de circulation diminuent le trafic motorisé au sein du quartier et, par conséquent, le nombre et la gravité des accidents. À cela s’ajoutent les effets bénéfiques de la zone 30km/h généralisée, la vitesse et la masse du véhicule étant des facteurs déterminants dans la gravité des accidents. A Gand, depuis la mise en place du plan de circulation le nombre d’accidents a baissé de 25% dans la ville.
  • La pollution de l’air diminue : Les villes qui mettent en place des plans de circulation constatent une baisse d’environ 20% des concentrations en dioxyde d’azote (NO2) dans les quartiers visés, le NO2 étant le principal polluant émis par le trafic motorisé. Combiné aux particules fines, ce dernier est responsable de la mort prématurée de plus de 900 personnes par an dans notre capitale.
  • L’espace public est partagé plus équitablement entre les modes de déplacement au bénéfice de la marche, du vélo, des transports en commun etc. Encourager ces déplacements permet, entre autres, de réduire les émissions de CO2. Pour rappel, plus de la moitié de l’espace public est consacré à la voiture.
  • La pollution sonore diminue : Le trafic routier est le principal responsable du bruit (85%) qui ferait perdre en moyenne à chaque Bruxellois.es huit mois de vie en bonne santé. Là où le trafic motorisé diminue, le bruit aussi. À Gand et à Barcelone, dans certaines rues, le niveau sonore baisse de 1 à 4 décibels. 

Pour plus de transparence dans les processus de décision

Le processus de participation qui a mené à la création du plan de mobilité Lecharlier a été critiqué pour son manque de représentativité et d’accessibilité. Est-ce que cette enquête améliorera la situation ? La manière de formuler les questions et l’utilisation qui sera faite des résultats posent question pour plusieures raisons :

  • L’enquête simplifie la situation et risque d’accentuer les oppositions entre citoyen.nes qui sont pour ou contre les aménagements, ce qui débouchera probablement sur des conclusions peu constructives.  
  • Les résultats de l’enquête seront couplés aux comptages effectués dans le quartier avant et après la mise en place du plan de circulation. L’importance qui sera attribuée aux uns et aux autres dans la définition du projet final n’est pas connue. 
  • Le public concerné par le plan de circulation ne se limite pas aux habitant.es du quartier (écoles, parents, commerçants, etc.). La commune ne semble pas s’être suffisamment assurée que les résultats de l’enquête soient réellement représentatifs des conséquences, positives ou négatives du plan.
  • La diffusion papier et électronique de l’enquête ne diffèrent pas des voies d’informations mobilisées pour inviter les citoyen.nes au processus de participation à l’origine du projet. Les écueils qui lui ont été reprochés semblent donc toujours d’actualité.

Affaire à suivre !