Mesures des concentrations en NO2 dans le quartiers “ParviS” (Saint-Gilles)
Introduction
Les quartiers apaisés font partie des mesures qui, sur le papier, aident à lutter contre la pollution de l’air émise par le trafic routier. À l’heure actuelle, il existe malheureusement peu de données qui confirment ou infirment cette hypothèse.
Nous avons donc lancé une campagne de mesures pour suivre l’évolution des concentrations en dioxyde d’azote (NO2), un polluant fortement lié au trafic routier, sur le territoire du nouveau quartier apaisé “ParviS” à Saint-Gilles.
Est-ce que la qualité de l’air va s’améliorer au sein de ce quartier ? Est-ce que la pollution sera déplacée vers la périphérie du quartier ? Les résultats de cette étude devraient, à terme, nous aider à répondre à ces questions.
Étant donné que notre campagne de mesures s’étend sur plusieurs années, ce rapport sera amené à être complété.
Résumé
Les mesures montrent que nos 15 stations installées à Saint-Gilles enregistrent toutes une concentration annuelle moyenne de dioxyde d’azote (NO2) supérieure à la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Or dépasser ce seuil (10 µg/m³) présente des risques importants pour la santé.
Il est donc essentiel de mettre en place ou de soutenir des outils qui permettent d’améliorer la qualité de l’air à grande échelle (ici sur toute la commune de Saint-Gilles). La Zone de Basses-Émissions, entre autres, remplit parfaitement ce rôle et son calendrier doit donc être maintenu : sortie du moteur diesel en 2030 et du moteur thermique en 2035.
Mais les résultats de notre campagne montrent aussi que certaines rues sont bien plus polluées que d’autres et qu’il faut donc rapidement y apporter des solutions locales.
Par exemple, il est urgent de créer des aménagements visant à limiter le trafic motorisé à Barrière et dans la Rue de Mérode. Cela permettra de privilégier la mobilité active et partagée, ainsi que de verduriser l’espace public, ce qui aura pour conséquence, entre autres, d’améliorer la qualité de l’air.
Méthodologie
Dispositif
Nous utilisons pour cette campagne des tubes dits “passifs” du laboratoire Passam. Ces derniers sont installés à deux mètres de hauteur en rue (sur le trottoir, sur un carrefour, etc.) pour une durée de trente jours. Ils sont remplacés tous les mois. Ils permettent ainsi de connaître la concentration moyenne mensuelle en NO2 aux différents points de mesure.
Localisation
Nous évaluons le quartier “ParviS”.

Pour ce faire nous avons placé 15 points de mesure. Huit d’entre eux se trouve sur la périphérie du quartier (Avenue Van Volxem, Avenue Fonsny, Rue Blaes (au-dessus du tunnel de la Porte de Hal), Avenue Louise, Rue Defacqz, Avenue Brugmann, Avenue Albert, Avenue du Parc, Avenue Ceuppens). Six autres sont situés au sein du quartier (Rue Bréart, Barrière, Rue de Mérode, Rue Féron, Parvis (à l’extrémité côté Chaussée de Waterloo), Rue d’Ecosse).
Ces mesures nous permettront de savoir, à terme, si les changements de circulation font baisser les concentrations en NO2 à l’intérieur du quartier et s’ils déplacent la pollution en périphérie du quartier.
Durée
Les premières mesures ont débuté le 31 mai 2023. Au moment de la publication de cette version du rapport, nous avons récolté 31 mois de données (juin 2023 – décembre 2025).
Notre objectif est d’effectuer des mesures pendant encore au moins une année. Cela nous permettra de tirer des conclusions robustes.
Résultats
Quatre points de mesure plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS
Quatre de nos quinze stations ont enregistré, en 2024 et en 2025, une concentration moyenne annuelle de NO2 qui dépasse de plus de 2,5 fois la recommandation de l’OMS.
Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 198 de la Rue de Mérode, atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Cinq points de mesure entre 2,5 et 2 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS
Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2,5 et 2 fois la recommandation annuelle de l’OMS.
- Avenue Louise 117
- Parvis (extrémité côté Chaussée de Waterloo)
- Avenue Van Volxem 364
- Avenue du Parc 75
- Rue d’Ecosse 2
Une station de mesure, celle que nous avons installée au numéro 117 de l’Avenue Louise, atteint une fois une concentration moyenne mensuelle de 31,8µg/m3 de NO2, soit plus de 3 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Cinq points de mesure entre 2 et 1,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS
Cinq de nos quinze stations ont enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 2 et 1,5 fois la recommandation de l’OMS.
- Rue Defacqz 140
- Avenue Ceuppens 138
- Avenue Albert (devant le Bar du matin)
- Avenue Brugmann 123
- Rue Féron 45
Toutes ces stations de mesure atteignent au moins une fois une concentration moyenne mensuelle supérieure à 25µg/m3 de NO2, soit plus de 2,5 fois au-dessus du seuil annuel recommandé par l’OMS.
Un point de mesure entre 1,5 et 1 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS
Seule une de nos quinze stations a enregistré une concentration moyenne, sur toute la période de mesure, qui dépasse entre 1,5 et 1 fois la recommandation de l’OMS.
La concentration moyenne mensuelle de cette station dépasse à plusieurs reprises plus de 2 fois le seuil annuel recommandé par l’OMS. Mais il est également intéressant de noter que c’est le seul point de mesure dont la concentration moyenne mensuelle descend plusieurs fois sous la recommandation de l’OMS.
Conclusion
Notre campagne de mesures des concentrations en NO2 menée de juin 2023 à décembre 2025 dans le quartier “ParviS” contient plusieurs enseignements.
Elle nous montre tout d’abord que les 15 points de mesure que nous avons installés sont surexposés au NO2. En effet, tous connaissent une concentration annuelle moyenne supérieure à la recommandation de l’OMS.
Quatre stations ont une concentration moyenne plus de 2,5 fois au-dessus du seuil de l’OMS. L’une d’entre elles, située Rue de Mérode 198 a atteint à deux reprises une concentration moyenne mensuelle de 40µg/m3 de NO2, soit 4 fois au-dessus du seuil annuel de l’OMS.
Cependant, une station, située dans la Rue Bréart, connait à plusieurs reprises une concentration moyenne mensuelle en NO2 qui descend sous la recommandation de l’OMS.
Le problème de pollution au dioxyde d’azote que connaît le quartier ParviS peut être atténué de plusieurs manières. Le plus efficace est la Zone de Basses- Émissions (LEZ). Afin de réduire, de manière significative, durable et à l’échelle de toute la Région bruxelloise, les concentrations en NO2, il est essentiel de maintenir le calendrier actuel de la LEZ : sortie du diesel en 2030 et du thermique en 2035.
Ensuite, et de manière plus locale, il est urgent de donner plus de place à la mobilité active et partagée. Cela passe, entre autres, par la création de rues scolaires, de pistes cyclables séparées, de voies de bus ou de tram en site propre, ou encore de la végétalisation des rues. Enfin, d’autres pistes, plus avant-gardistes, peuvent être explorées, par exemple avec la création de bandes de circulations réservées aux véhicules électriques ou au covoiturage.
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